Derniers commentaires :

Benoît XVI aka. BXVI

Pape iPhone

Le pape et son iPhone

Ce message n’est en rien une tentative de propagande catholique même s’il a bien pour objet le pape Benoît XVI et son apparition à la J.M.J./W.Y.D. (Journée Mondiale de la Jeunesse/World Youth Day) de Sydney. Je voudrais revenir sur l’un de ses gestes illustrant bien à quel point le saint homme est fin observateur de la société et au fait avec les progrès technologiques quotidiens. (Merci à Belgique Mobile pour l’info.)

En effet, le souverain pontife, une semaine plus tôt, avait été aperçu, brandissant un iPhone, nouveau bijou d’Apple. Outre le fait que l’objet détonne quelque peu avec le conservatisme de l’homme - mais je ne m’essaierai pas à de la sociologie à deux sous -, l’usage que notre protagoniste en montre est tout à fait discordant.

A l’occasion de cette fameuse journée, le pape a envoyé un s.m.s./texto à tous les jeunes qui s’étaient préalablement inscrits. En plus de nous offrir l’information, le Herald Sun, le retranscrit : Young friend, God and his people expect much from u because u have within you the Fathers supreme gift: the Spirit of Jesus - BXVI

Il n’est pas nécessaire d’être parfait bilingue pour s’apercevoir de trois détails :

  1. Certains mots ont une forme s’inscrivant dans le langage sms (ce dernier n’est cependant pas fixé). Toutefois, BXVI me semble plus proche d’une volonté de starification (voir le JCVD actuel) que d’une transposition en code sms. Benoît devrait plutôt correspondre à quelque chose comme Ben, ou Ben’, Bent, Benwa, etc. Pourquoi pas B, bien sur…
  2. S’il est bien un téléphone qui ne se prète pas volontiers à l’emploi du langage sms dans ce qu’il offre à rédiger, c’est l’iPhone. Et ceci pour deux raisons au moins : un clavier virtuel complet et qui n’est pas présenté dans l’ordre alphabétique mais correspond au clavier d’ordinateur ; un “ajusteur” orthographique outre lequel il est difficile de passer. Je suis un peu mauvaise langue
  3. L’iPhone est probablement le téléphone qui est le moins orienté vers la jeunesse, tant par son prix que par ses possibilités.

Un peu artificiel selon moi, mais qu’importe… Sûrement me dira-t-il que je suis de mauvaise foi. Bref.

Du nouveau sur CommuneLangue.com

Après quelques (4) mois de publications diverses, le site CommuneLangue, s’il ne s’agrandit pas, s’organise, espérons, un peu mieux. Si la page principale continuera à accueillir les articles relatifs à l’actualité de la langue ou à des réflexions périodiques sur celle-ci, c’est au vu des contributions à venir que l’on définira si les compte-rendus de lecture et les productions personnelles y ont leur place également ou s’il est préférable de les isoler (pour les mettre en évidence et clarifier les sujets).

En effet, deux pages viennent d’être créées, et ce pour deux raisons : faciliter l’accès et inciter à participer. Une page Un peu de lecture visant à regrouper les impressions des lecteurs qui viendraient d’achever la lecture d’une oeuvre ou qui souhaiteraient en commenter et une autre Ecriture libre, accueillant tous les récits que vous désirez y placer. La colonne de droite vous tient au courant des dernières parutions.

Par ailleurs, n’hésitez pas à intervenir à quelque niveau que ce soit, du commentaire à l’article fouillé. Ce site vivra autant grâce à vous qu’il n’est là pour vous. Il n’a aucune prétention autre que celle d’offrir à chacun de partager son point de vue sur une question ou l’autre et de l’inciter à le faire. Si vous ne vous sentez pas capables d’écrire par vous-mêmes, envoyez vos idées, voire vos questions. Et si vous souhaitez, toutefois, essayer par vous-mêmes, nous saurons vous apprécier, soyez sans crainte…

Au plaisir de vous lire.

La langue par l’écrit ou l’oral ?

Dans un billet publié ce jour, Christian Jacomino, responsable des ateliers Voix Haute, nous rappelle sa position quant à l’apprentissage de la langue. Avec amertume, il constate le schéma actuel de l’enseignement traditionnel français qui s’obstine à faire prévaloir l’enseignement de l’écriture - qu’il (Christian) voit comme compétence secondaire -, sur celui de la lecture, adjuvante de la parole, compétence primaire.

Dans le système français, c’est l’écriture qui est au centre du projet. Sans doute parce que l’aristocratie cultivait l’art du Bien dire, sans se priver de faire des fautes d’orthographe à toutes les lignes de ses lettres (cf. Mme de Sévigné). L’école de la République a voulu laisser l’art du Bien dire à l’aristocratie haïe et elle a promu une nouvelle compétence qu’elle était seule à pouvoir transmettre et sanctionner par la délivrance du Certificat d’études.

Très attentifs à la notion de compétences - qui sont d’ailleurs prescriptions légales -, les programmes belges de français en dénombrent quatre : lire - écrire - parler - écouter ou, comme ils le présentent : lire - écrire - parler/écouter. Elles sont détaillées ici ou . Celles-ci se voient attribuer un même niveau d’importance et se doivent, à proportion raisonnable, d’être l’objet de situations problèmes qui les suscitent et les consolident.

Sans doute le privilège est-il souvent donné à l’enseignement de l’écrit pour cette autre simple raison qu’il est tellement facile à évaluer pour les examinateurs peu scrupuleux : dictées, exercices de conjugaison, etc.

Eponymes

Voyageant de lien en lien, je suis tombé, à l’instant, sur le site déjà visité de l’Office québécois de la langue française et,  plus particulièrement, sur un dictionnaire d’éponymes, dont j’ignorais l’existence.

Dictionnaire d\'éponymes

Pas de long article à ce sujet, juste le partage d’une découverte amusante. Tout le monde sait que le terme poubelle a pour origine le préfet du même nom et que le sandwich tire son appellation du cuisinier du Comte de Sandwich, grand joueur de cartes, mais sommes-nous capables de citer davantage d’exemples ? Certains coulent sous le sens (”Ben oui…”), d’autres surprendront (”Mais non ?!”) et d’autres encore retiendront notre attention (”Haaaa…”). Le lexique en recense une bonne centaine d’autres…

Pour rappel, un éponyme est (Celui, celle, ce) qui donne son nom à quelque chose ou à quelqu’un, à qui l’on se réfère, que l’on vénère (cf. TLFi).

Le blog, un journal intime grand public ?

Ces dernières années, la vague blog a envahi la toile. C’est un phénomène large, dont les variations sont presque aussi nombreuses que les “blogueurs”. Jeunes et moins jeunes, d’intentions variées, ils sont désormais nombreux à avoir leur “chez-eux” sur Internet. Il s’agit parfois d’exposer des créations, photographies, illustrations, d’autres fois de partager une expérience (extra)ordinaire, une réflexion, et les possibilités sont encore nombreuses. Le domaine étant tellement vaste, j’ai choisi dans cet article de me centrer sur les blogs que l’on pourrait apparenter à des journaux intimes vituels.

A voir ce que l’on appelle la blogosphère, on peut en venir à s’interroger sur la place du blog dans la vie de son auteur, le blogueur.

Diverses plateformes proposent à l’internaute X ou Y d’héberger ce que l’on pourrait comparer à un site miniature, en facilitant le travail puisqu’elles permettent de personnaliser le blog sans nécessiter de connaissances préalables en programmation et design web. Bloguer est alors à la portée de tous, puisque poster un billet devient aussi simple que remplir un formulaire : un cadre pour le titre, un cadre pour le texte, des boutons de mise en forme… Cette simplicité d’utilisation a évidemment un impact sur le nombre croissant de blogs et le profil varié des utilisateurs.

Le contenu d’une bonne part de ces blogs relève de ce qui, avant l’apparition de ce phénomène, aurait été relégué au fond d’un cahier. Ce cahier, si l’on y écrivait, c’était un peu pour y voir plus clair, ordonner ses pensées peut-être, et son intérêt était d’être personnel, il avait l’avantage de ne pas être connu des autres, le seul regard qui se posait sur lui étant le nôtre, non ? Un journal intime. Le blog est une sorte de “virtualisation” de ce cahier, pour certains. Mais où est passée l’intimité qui était son propre ? Certains blogueurs cachent l’existence de leur coin personnel sur la toile à leurs connaissance, et pourtant il est accessible à n’importe quel internaute inconnu, se connectant de quelque endroit que ce soit sur le globe. C’est pour le moins paradoxal… Plus encore, la plupart des plateformes proposent la fonctionnalité “Commentaires”. Mis bout à bout, ces éléments sont plutôt interpelants : il s’agirait donc - en extrapolant, il est clair que j’apporte ici un point de vue un peu extrême - d’exprimer ses pensées et réflexions personnelles à tous, en offrant la possibilité à des dizaines de milliers d’inconnus de juger et donner leur avis sur notre propre vie ?

Je tente par là d’exprimer mon interrogation quant au passage du journal intime (d’où mon image du cahier) au blog. La proximité entre leurs contenus peut s’avérer importante et non négligeable, et pourtant l’on peut difficilement opposer plus radicalement le public de l’un à celui de l’autre. Peut-on retrouver une sorte d’intimité dans la masse ?

Il est évident que mon propos est à nuancer : tout n’est pas à ranger dans la même catégorie.

Par ailleurs, il existe par exemple des limitations d’accès, et je pense que de nombreux blogueurs font preuve d’une certaine autocensure en écrivant publiquement.

Les 400 ans de Québec

Drapeau du QuébecIl y a quelques jours (le 03 juillet 2008), à Québec, était fêté le 400e anniversaire de la fondation de la ville par Samuel de Champlain. Outre la pluie et les feux d’artifice qui ont rythmé la cérémonie, on retiendra les diverses prises de paroles des diplomates et magistrats, tant français que locaux.

La langue française était à l’honneur. De plus en plus, le Québec est perçu comme un village d’irréductibles usagers de celle-ci, comme un bastion continuellement touché par l’environnement anglophone. François Fillon, Premier Ministre de France, n’a pas manqué de rappeler les origines de la ville, telle un appendice français. Sans doute est-il jouissif - sinon à quoi bon ? - de présenter Québec comme une France outre-atlantique. J’ignore quel est le ressenti québécois vis-à-vis de la “mère patrie” et serais curieux d’en apprendre davantage à ce propos. Je cite Canoe.ca (Le 400e devient la fête du français au Canada), qui reprend les paroles du Ministre.

«Il n’y a qu’une France et c’est elle qui depuis quatre siècles est présente en Amérique.»

Peut-être cet aveu de soutien, quoique trop orienté à l’avantage d’une France rédemptrice selon moi, rassure-t-il des habitants victimes d’une perpétuelle insécurité linguistique. Les anglicismes sont nombreux et tentants face à une Académie Française lointaine et stérile. Toutefois, les Québécois tiennent à leur langue et militent pour son maintien comme langue nationale officielle exclusive. Le rapprochement français est aussi source d’une tension qui ne fait que renforcer sentiment : si la France englobe le Québec, elle ne l’illustre aucunement dans ses publications de référence. C’est ce que nous rappelle (Québec, quatre cents ans de batailles linguistiques, sur La-Croix.com), à juste titre, Hélène Cajolet­Laganière, membre du groupe Franqus (Français du Québec: Usage Standard), ayant reçu pour mission de constituer un Dictionnaire du français standard en usage au Québec. Un rapprochement peut-être négligent et abusif puisqu’il suscite des sursauts identitaires justifiés.

«Dans les dic­tionnaires provenant de France, la mise en contexte est européenne. La littérature québécoise est absente, tout comme les mots spécifiquement utilisés chez nous , regrette-t-elle. C’est acculturant. »

L’insécurité linguistique se double d’une conscience de notre fragilité comme nation (Le Québec est-il refermé sur lui-même?, sur LeDevoir.com) :

Le français recule comme langue d’usage à la maison, le français en tant que langue de travail ne progresse pas, les immigrants non romanophones ne se francisent qu’à 15 % — le même pourcentage qu’en 1971 –, l’assimilation des francophones hors Québec s’accélère, etc.

Louise Beaudoin (notamment rédactrice de l’article) s’indigne des propos avancés par Dario Pagel (président de la Fédération internationale des professeurs de français) selon qui le Québec, en se protégeant, se ferme et montre, par de multiples exemples, à quel point l’intention est toute autre (identitaire).

Au contraire, ils croient, majoritairement me semble-t-il, à une francophonie mondiale forte et plurielle à laquelle ils veulent participer. Chaque francophone dans le monde a son propre rapport à la langue française. Chaque problématique est différente. Les Québécois savent que ce qui fait l’intérêt de la francophonie, c’est justement sa diversité.

Par le présent article, je reviens sur un événément récent et symbolique mettant à l’honneur le Québec et la langue française. Je me montre fort peu indulgent vis-à-vis de la France  dont je trouve l’attitude (pardonnez-moi la métonymie) souvent ambivalente et indélicate. Je stigmatise, peut-être, abusivement aux yeux de certains qui n’auront pas tort de me le reprocher puisque, après tout, Québec et France se veulent de bons amis.

O sjt du lgage sms…

Je l’annonçais dans mon article précédent, voici quelques lignes sur le langage SMS.

L’on croit, à tort ou à raison, que le « langage sms » est né d’un motif économique. Sans doute. Quoiqu’il en soit, envoyer un sms a un coût. Il s’agit de ne pas dépasser un certain nombre de caractères sans quoi il faudra avancer un second message, ce qui a pour conséquence de doubler le prix d’envoi. L’aspect onéreux des textos contribue pour une large part à l’écriture presque phonétique des mots. Il en résulte l’invention d’un monde où l’on écrit ce que l’on dit ou entend. Émerge un univers à part, loin des contraintes langagières telles qu’elles sont exigées dans une dissertation.

L’apparition du sms rime avec la venue sur le marché d’un autre support scriptural, dominé par l’argent. Ainsi, l’aspect économique joue incontestablement. C’était principalement vrai il y a quelques années. Ce motif tend à s’atténuer à ce jour. Il existe aujourd’hui pas mal d’offres qui permettent d’envoyer une multitude de sms gratuits par jour. Dès lors, le prix du sms ne constitue plus un critère justifiant le recours à une écriture spécifique. Pourtant, bon nombre de rédacteurs continuent à écrire en abrégé, en phonétique, en rébus parfois. Se joue donc là un autre facteur, sans doute celui de la participation au jeu. Envoyer un sms, c’est se prendre à ce jeu bien connu d’une certaine communauté. Écrire en sms revient à montrer que l’on reconnaît l’existence de cette communauté et que l’on y adhère.

Mais si un sms est assez court à taper, il est plus long à déchiffrer… C’est vrai au début, mais le temps joue son rôle. Au fur et à mesure, le récepteur du sms s’accoutume aux diverses abréviations et autres procédés d’abrègement. Intervient ici le phénomène dit « d’autorégulation » : une communauté finit par se comprendre sans avoir à recourir au dictionnaire en adoptant et se familiarisant avec un code commun. Ce code est construit par la communauté et pour la communauté. Vu de l’extérieur, ce type de langage – je ne m’attarde pas sur la notion de langage qui mériterait réflexion – paraît incohérent ; rien n’est moins sûr. Ce nouveau code écrit se veut être plus proche de l’oralité. Cet acte est pour ainsi dire l’expression d’un refus de se plier aux règles absurdes qui régissent la langue française, en y réinvestissant justement le « sens » perdu. Ceci rejoint ce que j’avais écrit dans Zéro faute en ortograf, je n’y reviens plus.

Main rédigeant un smsL’on parle couramment « du » langage sms. Il revêt cependant tellement de formes différentes que le pluriel semble plus approprié. Il n’y a non pas un mais des langages sms. Prenons deux locuteurs du même âge environ au hasard ; demandons-leur de rédiger un sms à partir de la même phrase initiale en « français standard ». Il y a fort à parier que le résultat ne sera pas identique : l’un abusera peut-être d’abréviations, l’autre aura sans doute ôté toutes les voyelles (ou presque) des mots, etc. Pourtant, dans les deux cas, le message restera compréhensible (déchiffrable). Cette petite expérience montre qu’il est important de se défaire de l’idée reçue que la forme influence le fond. Écrire dans une autre langue ou dans un autre langage n’altère pas le contenu du propos. Le langage sms a pour fonction principale l’usage utilitaire. Peu importe s’il n’y a pas de sujet à la phrase dans le texto : vite écrit, il sera vite transmis et rapidement compris, au détriment des normes langagières que chérissent les puristes.

Ainsi, le sms se fait, initialement, l’onde de la vague économique qui envahit bien des registres depuis le XXe siècle et qu’a parfaitement adopté l’homme contemporain, victime, à son insu généralement, de la toute puissance de l’argent. L’émergence des sms a induit celle d’un langage qui lui est propre et autour duquel s’est établie toute une communauté. Ses membres sont extraordinairement nombreux et les personnes qui n’y ont encore adhéré sont souvent considérées comme désuètes… Le langage sms est donc, avant toute chose, un phénomène de société quasi inéluctable duquel il convient de prendre conscience. 

 

La langue, l’Etat, le Figaro et la loi

Je souhaiterais répondre en quelques mots à l’article “La langue, l’Etat et la loi” (Alain-Gérard Slama) publié sur le site du Figaro ce lundi 23 juin. Qu’il prenne position en faveur - qui aurait imaginé que ce ne soit pas le cas - de l’intervention de l’Académie Française, passe encore mais qu’il avance des arguments inadéquats est plus problématique. Prenons-en deux.

Car enfin, à moins que notre pays veuille ressembler à la Belgique ou à l’Espagne, l’affaire ne souffre aucune discussion.

Voici qu’il prend la Belgique et l’Espagne en exemples à ne pas suivre. Le Belge ordinaire est fier de son pays et sait pertinemment ce qui compose l’identité de celui-ci. Une communauté linguistique ne cherche guère à l’emporter sur l’autre et flamands et francophones cohabitent avec plaisir. Bien sûr, il y a des extrémistes, comme partout. Mais ce qui se passe en périphérie bruxelloise, quand bien même cela mérite d’occuper la une des journaux, n’est pas représentatif de l’état belge. Le noeud du problème - est-il nécessaire de le rappeler - est économique… Nous ne nous prononcerons pas quant à l’opinion des Espagnols relativement à leur situation.

Car s’il est vrai que l’Etat a donné son unité à la nation, la langue s’est imposée à l’Etat, plus que l’Etat à la langue. C’était l’esprit de l’ordonnance de Villers-Cotterêts, qui se bornait à fixer la langue des actes officiels.

L’argument suivant (qui précède, ici), présenté comme une évidence, est le fruit d’une prise de position arbitraire. Outre le fait qu’il s’agisse, selon moi, à bien des égards, du processus inverse (l’Etat s’est imposé à la langue), il y a cette mention de l’ordonnance de Villers-Cotterêts qui est malvenue. Même Wikipédia (je n’ai rien contre Wikipédia, je ne l’évoque que pour montrer à quel point l’information était facilement accessible) relève l’ambiguité de la formule langage maternel francoys, qui laisse justement la porte ouverte à toutes les langues régionales. L’intention du texte était de prescrire l’usage de la langue vernaculaire dans les textes juridiques au détriment du latin, non des dialectes ou autres langues nationales.

Voix Haute s’élève…

Une mise-à-jour de son site, ou plutôt la mise en place d’un satellite de celui-ci, nous permet d’introduire l’un de nos amis. Il s’agit de Voix Haute, espace virtuel accompagnant les activités pédagogiques concrètes de Christian Jacomino, Docteur en sciences du langage et administrateur du site précité, qui regroupe les documents créés par lui et qu’il met en pratique lors d’ateliers d’apprentissage de la langue. L’approche se fait de manière assez inhabituelle, ce qui n’entame en rien son efficacité. Que du contraire…

Le concept consiste en la tenue de séquences d’apprentissage qui font une large part à la mise en voix et aux exercices de mémoire. Elles donnent lieu au commentaire et à l’expression personnelle. Elles aboutissent à des reconstitutions écrites qui mettent en jeu la conscience grammaticale et les connaissances orthographiques. Le tout s’appuyant sur des textes appartenant au patrimoine culturel français, notamment la littérature et la musique.

Pour observer ce que cela donne concrètement, je vous invite à visiter la nouvelle plate-forme qu’il vient d’inaugurer. Un click sur “sitemap” dans le menu et tout est accesible gratuitement et sans requête préalable à l’auteur. N’hésitez, toutefois, pas à partager vos appréciations et commentaires.

Félicitations !

Zwanzer…

Théâtre Royal de TooneComme beaucoup l’ont très bien répondu, zwanzer signifie plaisanter, blaguer. Il s’agissait en l’occurrence de la réponse d. Ce verbe intransitif vient de zwanze (la blague), mot bruxellois. Il renvoie davantage au comportement d’une personne plutôt que son aptitude à raconter des histoires drôles.

Parmi les zwanzeurs belges reconnus dans le domaine littéraire, l’on dénombre les célèbres Quick et Flupke de Hergé. Mais zwanzer ne renvoie pas uniquement à des individus. En témoigne par exemple le théâtre de marionnettes de tradition populaire bruxellois : le Théâtre Royal de Toone, lui-même porteur de cette dénomination. Actif depuis 1830 – observez la date ! –, il se situe rue du Marché aux herbes à Bruxelles, dans l’impasse Sainte Pétronille (www.toone.be). Ce théâtre mérite bien sa qualification de zwanzeur, lui qui se complaît à imiter en les tournant en dérision ceux et celles qui se prennent au sérieux ; or, c’est bien là tout le propre de la zwanze…