Que penser du « micro-blogging » ?

En voilà un premier message qui, d’emblée, détonne…

Tout d’abord, que pourrait bien être le micro-blogging et, ensuite, ne serait-ce pas un terme à consonnance anglo-saxonne ? (Pour les plus sensibles aux mots, je n’entrerai pas, ici, dans le débat qui oppose les défenseurs du consonnance avec deux n aux protecteurs d’un n unique ; le correcteur automatique soulignant le terme en rose et le TLFi le validant les deux formes). Bref…

Je n’évoquerai ni les aspects techniques, ni ceux économiques, là n’est pas notre objet.

Qu’est-ce que le « micro-blogging » ?

Logo de JaikuLogo de PownceDe manière spontanée, je dirais : le fait d’inscrire sur une plateforme existante et prévue à cet effet des messages de la longueur d’un sms/texto (parfois accompagnés d’une image ou d’une vidéo) de sorte que tout ceux qui sont « abonnés » (on parle alors souvent d’amis) au compte de l’auteur de ces derniers puissent les lire dès qu’ils sont envoyés et réagir à leur gré.

Logo de TwitterLes plateformes actuelles se multiplient, de même que les applications qui gravitent autour d’eux. Nous citerons : Twitter (l’original), Pownce, le Jaiku de Google, le statut sur Facebook, et j’en passe une quantité impressionnante.

Quel est le contenu des messages ?

Celui-ci est très varié puisqu’il dépend de son auteur. Cela dit, la contrainte, au sein d’une même plateforme, est la même pour tous (140-160 caractères, texte uniquement, image,…) et oriente ce qui s’y trouve. Certaines agences de presse y publient leurs dépêches, certains périodiques ou sites font de même et beaucoup de particuliers y racontent leur vie, parfois à personne d’autre qu’eux-mêmes…

L’usage qui l’emporte (en nombre de followers) est celui du blogueur « influent » qui tisse un réseau social autour de son site. Aux titres des publications nouvelles de son blog se joignent donc ces courts messages plus « humains » car, souvent, plus spontanés.

Les amis y réagissent et la plateforme devient celle d’une messagerie instantanée où les messages ne dépassent, cela dit, que rarement les 75 caractères.

Qu’en penser ?

En ce qui me concerne, je trouve cela futile mais amusant, occasionnellement pratique.

Aussi, j’y vois un bénéfice dans le fait que c’est une occasion supplémentaire offerte à chacun de s’exprimer, avec la réserve suivante, tout de même, que la contrainte d’une centaine de caractère n’incite pas à développer sa pensée. A moins que cet enfermement n’attise une volonté d’émancipation qui aboutisse sur des rédactions plus abouties…

Et la langue dans tout ça ?

Quant à la langue, je constate – du moins dans les quelques échantillons que j’ai lus – qu’elle est proche de l’écrit standard plutôt que de l’écrit sms. Toutefois, ce qui est nouveau, c’est qu’il se mêle à une forme ressemblante à celle de la conversation et tous avons pu constater qu’avec des contraintes quasi-similaires, le sms a engendré une langue nouvelle, hybride, voire codée. Nous relevons trois explications possibles à cela, mais elles sont bien plus nombreuses : un public bien plus large que celui du sms et, par là, un effort particulier accordé à la forme ; les correcteurs orthographiques disponibles sur ordinateur à divers endroits (applications tierces, sites, ouvrages de référence à portée de clics,…) ; des objectifs différents puisque, souvent, il s’agit d’une vitrine de média ou de personne physique.

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