Héautontimorouménos…
L’héautontimorouménos désigne l’individu qui se fait le bourreau de lui-même. Il s’agissait en l’occurrence de la réponse (b).
Si ce terme est très peu usité dans le langage courant, il n’en demeure pas moins le titre d’au minimum deux grandes œuvres littéraires. Ce fut le poète latin Térence qui, le premier, utilisa ce mot, pour désigner l’une de ses tragédies. Nous sommes alors au début du IIe siècle avant J.C. Un père refusant l’amour de son fils pour une jeune fille du nom d’Antiphila, ordonne au jeune homme de s’en aller. Mais le temps passant, le père comprit l’erreur commise : il avait chassé son fils, que ce père soit alors puni de ne jamais le revoir. Pour se châtier de cet acte effroyable, il s’inflige de vivre dans les conditions les plus dures.
L’on se souvient aujourd’hui encore de la tragédie de Térence par ce vers devenu célèbre : « Homo sum ; humani nil a me alienum puto » (v.77) que nous pouvons traduire par « Je suis un homme et je pense que rien d’humain ne m’est étranger ».
Le second auteur est beaucoup plus proche de nous, temporellement. Il s’agit de Charles Baudelaire, avec son célèbre poème Héautontimorouménos publié dans Les Fleurs du Mal (1857). Là encore, le narrateur s’identifie à un véritable bourreau, comme en témoignent ces quelques vers « Je suis la plaie et le couteau ! | Je suis le soufflet et la joue ! | Je suis les membres et la roue, | Et la victime et le bourreau ! ».
Certains se rappelleront de ce poème étudié en secondaire, tandis que d’autres se remémorent en cet instant peut-être la mélodie de Léo Ferré qui l’a mis en musique. Un délicieux mélange, qu’on ne se lasse pas d’écouter…
(Dessin de Laurent Paturaud)

Ha bien super ! Merci pour cette information détaillée !
vous pouvez écouter le poème chanté par Léo Ferré ici :
http://www.myspace.com/aleoferre
amicalement
Merci pour le lien !
La musique est vraiment très belle.
j’adore ce poème et je viens d’écouter la chanson de ferré, j’ai un peu de mal, je trouve la mélodie un peu trop basique et on ne ressent pas la même chose qu’en le lisant
Wow! Et bien, je ne peux qu’être plus satisfait qu’en ce moment. Ça faisait des années que je cherchais à savoir et à comprendre d’où venait le nom du poème de Baudelaire, que j’ai si souvent (et encore) utilisé. Merci pour l’info…G.N.