Le pouvoir de l’ABC

Schtroumpf rédigeant une lettre
Ce bref article n’a pour autre ambition que de soulever à nouveau ce que tout le monde sait mais se refuse à croire : la lecture et l’écriture comme instruments de pouvoir. Après avoir passé une année et une dizaine de jours avec des bambins âgés de 5 à 7 ans, quelle ne fut pas ma surprise en constatant ô combien savoir lire et écrire était pour eux une arme. Une arme à la fois capable de faire du mal mais aussi par le biais de laquelle il leur est possible de se défendre. Commençons par cette petite anecdote, qui nous permettra d’illustrer ce que nous tentons de mettre en évidence présentement.
Arthur a 7 ans, Marion en a 5 (prénoms d’emprunt). Le premier vient de terminer sa deuxième primaire tandis que cette seconde entre en première année en septembre. Tous deux sont relativement jeunes mais ils se différencient sur un point : Arthur sait lire et écrire, ce qui n’est pas le cas encore de Marion. Alors qu’ils jouent ensemble, soudain, une querelle surgit entre ces deux enfants. Le ton monte rapidement. Tout à coup, Arthur lâche cet argument facile : « Et puis, toi, tu sais même pas lire ! ».
Cette petite anecdote, pour le moins authentique, n’est que le reflet de la société d’aujourd’hui, où l’incapacité à lire et à écrire reste un réel handicap. Beaucoup de travaux figurant dans la partie « documents » du site l’attestent. S’en rendre compte est, en soi, déjà une bonne chose. Lutter contre cette injustice en est une autre. Pour Marion, le problème sera vite résolu ; cela n’est pourtant pas le cas de tout un chacun. Quels outils sont mis à la disposition des adultes qui éprouvent de réelles difficultés orthographiques ? Aujourd’hui, l’orthographe et la compétence « lecture » semblent une évidence : parce qu’on est adulte, on sait lire ou écrire. Pourtant, force est de constater, lorsque l’on s’intéresse un tantinet au problème, que cette évidence n’en est pas une. Malheureusement, peu d’actions sont menées à ce jour en vue de contrer la difficulté, si ce ne sont quelques cours de soutien scolaire pour adultes. Cela me paraît insuffisant ; pas mal de boulot reste à faire dans ce domaine. Toute la question est de savoir que faire et, surtout, comment bien agir.
Je ne reviens pas sur ma position, détaillée quelques articles auparavant relativement à la réforme de l’orthographe. Je maintiens mes propos ; seulement, en attendant, reste une quantité de personnes handicapées par un problème d’orthographe ou de lecture…
PS : À l’heure où je rédige ces quelques lignes, je tombe, par hasard, sur un article de presse en lien étroit avec le sujet abordé ci-dessus. S’il prête à sourire, cet article vient surtout confirmer ce qui vient d’être écrit.
