SMS : Stylistiquement Maigre mais Synthétique

Sténographie de Calay

Sténographie de Calay

Durant sa courte vie de quelques mois, CommuneLangue – votre hôte protecteur et dévoué – a déjà accueilli quelques articles concernant le langage dit « sms » : ici, ou encore de ce côté.  De plus, c’est un sujet qui recueille de nombreux commentaires, ce qui ne nous déplait guère !

Ce jour, c’est Nonfiction.fr qui revient sur un article paru dans la revue Le Tigre (volume XI, septembre-octobre 2008), qui se présente comme un curieux magazine curieux. Plutôt accrocheur. Je ne connaissais ni l’un, ni l’autre. Notons au passage que Le Tigre est un magazine indépendant. Je crains que cela se fasse rare et mérite d’être mentionné… Nonfiction titre SMS : Syntaxe Menaçante et Subversive. J’ignore s’il emprunte le jeu de mots au magazine ou si ce dernier l’intitulait différemment. Retenons l’idée mais proposons une autre résolution de l’acronyme.

L’un et l’autre sont fatigués des critiques qui voient en le langage sms une dégénérescence du français standard. Le site répond même à ces conservateurs virulents : [...] comment ne pas être admiratif devant tant d’inventivité et de ruse, qui forceraient le respect des linguistes si elle ne sortait pas de la tête de cancres incultes ne maîtrisant ni le grec ni le latin ? Peut-être est-ce déclaré de manière trop démagogique, je ne peux toutefois m’empêcher de partager cet avis. Je m’offre, par ailleurs, la liberté de le prolonger : il est bien triste – et dangereux – de tenir pour vrai tout ce qui émane de personnes reconnues socialement, pour la simple raison qu’elles le soient. Bref…

Le compte-rendu revient également sur la technique antique de la sténographie et ses survivances modernes, y repérant les fondements du langage sms : Contrainte technique, rapidité… A ceux-ci s’ajoutent les difficultés générées par la structure tordue des touches du clavier, le nombre limité de caractères et le coût financier d’un texto. Cela me paraît pertinent mais n’est-ce pas oublier que le sms n’appartient pas exclusivement au monde du téléphone portable. La structure tordue est-elle celle de l’ordre alphabétique ou de la proximité des touches ? Aurait-il vu le jour si le téléphone portable n’avait pas existé ?

Nonfiction, site d’opinion, ne se laisse pas prendre à l’amalgame entre le support et texte et nous rappelle sa conception du phénomène : [...] le langage SMS est avant tout une écriture d’un groupe social, celui des « jeunes », se rapprochant ainsi de la cryptographie, et qui, comme tout jargon, participe à la définition de leur identité.

Tous trois (Nonfiction, Le Tigre et votre serviteur) nous accordons sur ceci que le langage sms ne met pas en péril le français standard et le patrimoine qu’il véhicule. Il n’en est pas la réforme… qui serait, cela dit, la bienvenue.

Leave a Reply




Get Adobe Flash playerPlugin by wpburn.com wordpress themes