La langue française en fête à Bruxelles
- La « langue française en fête » ?
- Oui, tu as bien lu ! La langue française sera prochainement en fête à Bruxelles.
- Ah bon ! En voilà une heureuse nouvelle ! Et c’est quand ?
- Du 14 au 22 mars 2009.
En effet, après Mons en 1996,…, et La Louvière en 2008, nous nous étonnions que la capitale belge n’ait pas encore revêtu le somptueux manteau de « Ville des mots« . Que les impatients se réjouissent, cela ne saurait tarder. Bruxelles se fera le cœur des festivités en 2009.
Effectivement, durant la semaine du 20 mars (jour de la fête de la Francophonie), aura lieu à Bruxelles la 14e édition de La langue française en fête. Depuis 1996, cet événement se veut être avant tout une campagne de sensibilisation adressée au grand public. Son but est de promouvoir la langue française par un « cortège de jeux de mots, d’aphorismes et de poésies » et surtout de déculpabiliser ses pratiquants. Les linguistes ne le savent que trop : la langue française est complexe et parfois difficile à manier. Si tel est l’avis des spécialistes, que doit penser celui qui ne l’est pas? L’un des objectifs de cette manifestation culturelle est donc de sensibiliser à l’utilité des mots dont il convient de ne pas devenir l’esclave. La langue doit servir et non asservir, comme l’illustre cette règle de l’un des neufs concours proposés (cf. infra) : « Le jury se réserve le droit de ne pas tenir compte de l’orthographe ».
Ne pas tenir compte de l’orthographe mais écrire, jouer, s’amuser, parler ; nous sommes bien loin des concours d’orthographe. L’enjeu est de taille : toucher le plus de monde possible, présenter la langue française à tout un chacun. Or, l’orthographe – nous l’avons déjà vu à maintes reprises – est un facteur de discrimination ; elle rebute souvent ceux qui aimeraient pourtant approcher le français. En la bannissant, La langue française en fête entend montrer qu’il est possible de jongler avec les mots comme le ferait un clown avec ses quilles.
Cette semaine sera pour tout Belge une belle opportunité de découvrir – ou de redécouvrir – le plaisir que peut procurer la langue française. Elle sera aussi l’occasion de présenter la francophonie, parfois mal connue. Contrairement aux idées reçues, notre « langue belle » ne se parle pas qu’en France et en Belgique, mais aussi en Suisse, à Québec, dans certains pays de l’Afrique, etc.
À cet effet, seront organisées de multiples activités, disséminées un peu partout dans la ville :
[…] : jeux de mots, aphorismes, poésie s’affichent, s’exposent, se suspendent sur autant de calicots, banderoles, oriflammes, phylactères. La ville élue en sème des parterres de fleurs qui composent des mots, des vitrines transformées en autant de pages… Et dans ce décor urbain habillé de mots, elle anime ses rues, ses places, ses parcs, ses théâtres et lieux de rencontres par des jeux, des concerts, des concours, des débats, des joutes oratoires…qui restituent au citoyen son espace de vie et son espace de parole. (Source : La langue française en fête).
Sous un autre angle, la matière prend souvent une autre forme ; diversifier les entrées permet de mieux la comprendre. Il y aura donc des activités adaptées à tout âge, procurant plaisir et joie auprès des plus jeunes comme des plus âgés ; il n’y a pas d’âge pour s’amuser avec la langue. Le programme exact des animations n’est pas encore connu. Il sera progressivement mis en ligne sur le site de La langue française en fête.
Dans l’attente de cette semaine de festivités, neuf concours sont d’ores et déjà lancés en ligne. Simples, ils n’exigent pas de ceux qui souhaiteraient y participer un fastidieux et long travail de leur matière grise. Au contraire, les réponses tiennent parfois en peu de mots : poster un néologisme et son explication, envoyer un zeugme ou encore un acrostiche revient déjà à participer à trois des concours proposés par Laurent d’Ursel sur le site de Bruxelles, Ville des mots. Fidèles à l’esprit dans lequel ils s’inscrivent, chacune des réponses aux concours seront lues par les membres du « jury populaire« . Les gagnants seront en effet sélectionnés par toute personne qui se porte volontaire et en ayant fait la demande auprès des organisateurs. La langue française en fête se veut vraiment ouverte à tout public.
Chaque année, la fête s’articule autour de plusieurs thèmes. Cette nouvelle édition s’axera autour de « l’envers des mots » – n’ayons pas peur des jeux de mots – et « Et que voyagent les mots« , deux thèmes riches d’exploitations. Le second rappelle entre autres que les mots vont et viennent, s’en vont et reviennent, traversent les âges, les villes et même les gares ! L’initiative, insolite et fascinante à la fois, séduit :
Parce que les mots voyagent en nous mais pas seulement… L’envie est de confier aux navetteurs et voyageurs un livre dans un lieu de départ, d’arrivée, de rencontres furtives ou fortuites : une gare ! Leur langue sera créative, ludique, impertinente. Ils vous révèleront aussi L’envers des mots, thème de cette édition 2009. Que le trajet soit long ou court, les livres pourront être dévorés ou savourés… Mais l’histoire ne s’arrête pas là… les mots sont faits pour être partagés. Laissez donc le destin faire son œuvre en abandonnant le livre dans le train ou confiez-le à un étranger croisé sur votre route, du moment que voyagent les mots ! (Source : La langue française en fête).
Bien que cela soit dommage, pour des raisons pratiques, toutes les gares ne seront pas concernées. Seules les gares de neuf villes belges collaboreront au projet : Braine-l’Alleud, Bruxelles, Habay, Huy, La Louvière, Liège, Mouscron, Tournai, Watermael-Boitsfort. Les premiers livres y seront déposés le 16 mars 2009, à l’aurore.
Enfin, comme le veut la tradition, 10 nouveaux mots sont mis à l’honneur cette année, délicatement choisis par la Belgique, le Québec, la Suisse et l’Organisation internationale de la Francophonie. Pour cette 14e édition, ce sont les termes ailleurs, capteur, clair-de-terre, clic, compatible, désirer, génome, pérenne, transformer et vision qui ont été sélectionnés.
[Ces mots] ont été choisis pour évoquer la capacité du français à exprimer les enjeux et les préoccupations d’avenir de nos contemporains. À chacun de montrer à l’occasion de la Semaine de la langue français [sic], que notre langue est riche d’innovation, de poésie, d’inventivité pour dire aujourd’hui et penser demain. (Source : La langue française en fête).
Depuis sa création, La fête de la langue française remporte un franc succès. Pour ceux qui ne l’auraient encore expérimentée, n’hésitez pas à aller faire quelques petits tours dans les rues de Bruxelles du 14 au 22 mars 2009. Vous ne manquerez d’être agréablement surpris !


Le programme des festivités nous a été transmis à la Foire du Livre de Bruxelles (stand de la Communauté française). Parmi les conférences organisées, certaines se présentent comme particulièrement intéressantes au sens où elles touchent directement à nos sujets d’études.
La première a pour sujet « Le Français dans le monde ».
Renseignements fournis :
Le second événement, qui se déroulera entre l’heure du midi de ce même jour (le 20 mars 2009, de 12h30 à 13h30), plaira davantage aux plus littéraires d’entre nous puisqu’il portera sur la « Littérature belge ».
Descriptif :
[...] lundi 16 mars 2009 débute la semaine de La langue française en fête, annoncée précédemment sur CommuneLangue. Avec elle démarrent les diverses manifestations culturelles et les discussions sur la langue de [...]