Dossier sur la féminisation des noms de fonctions
Comme vous aurez pu le constater, des travaux sur la féminisation paraissent régulièrement sur le site de CommuneLangue. Aucun autre jour ne nous semblait plus approprié que celui-ci, Journée Internationale des Femmes, pour vous présenter – sommairement, nous vous l’accordons — ce dont il s’agit.

Dossier sur la féminisation des noms de fonctions
Ces travaux sont le fruit de nombreuses recherches menées par des étudiants de 3e bachelier de l’Université Libre de Bruxelles (U.L.B.), dans le cadre du cours de Grammaire Descriptive II (2007-2008), dirigé par Mme Annick Englebert – que nous remercions chaleureusement de cet envoi. Progressivement mis en ligne, le dossier rassemble déjà une vingtaine d’études menées sur la féminisation en général, sur la mise au féminin des noms de fonctions en particulier, (tandis que vingt autres travaux sont encore en attente de publication). Chacune de ces études s’articule autour de l’un de ces sept axes :
- En pratique : Qu’en est-il, aujourd’hui, de la féminisation des noms de professions dans les secteurs (para)médical, de l’Horeca, de l’audiovisuel, de l’enseignement ou encore de la presse ; quel parcours fut suivi et à quelles embuches la féminisation des noms s’est-elle heurtée ?
- Grammaire et féminisation : La féminisation n’est-elle qu’une question de genre ? La réponse, évidemment négative, exhorte également à considérer les véritables enjeux de la mise au féminin. Aussi, quels sont les changements survenus dans certains ouvrages de grammaire au cours de ce XXe siècle et quels furent (sont) les acteurs, sinon les auteurs, de ces modifications ? Cette question en réfère au troisième axe d’étude.
- Les femmes et la féminisation : Dans cette lutte pour la féminisation des noms, certaines femmes se sont montrées très actives. Cette rubrique explore le point de vue de quelques auteures et autres femmes telles Marina Yaguello, Hubertine Auclert, Thérèse Moreau, Céline Labrosse, Patricia Niedzwiecki, etc.
- Féminisation et polémiques : Ce n’est pas tout de clamer un mot comme « auteure », encore faut-il qu’il soit admis par les autorités et véhiculé. À ce niveau, à nouveau, rien n’est allé de soi. C’est à force de discussions que certains organismes ont accepté certains de ces néologismes égalitaires. L’attitude adoptée, cependant, ne fut jamais unanime ; l’étude menée sur l’Académie française et l’Office québécois de la langue française s’en fait l’illustration. Et puis, à ce jour encore, certains continuent de contester les noms féminisés, motivant leur réponse différemment. La question du masculin générique ne finit pas de faire couler de l’encre.
- Féminisations et institutions : Il est par ailleurs important de se rendre compte du chemin parcouru. L’Académie française, par exemple, a longtemps vu d’un mauvais œil la féminisation des noms de fonctions. Les décrets et arrêtés gouvernementaux, variables selon les pays (Belgique, Suisse, Luxembourg par exemple), ont toutefois joué un rôle considérable dans l’avancée du débat, ayant rendu possible la diffusion de certains noms féminisés.
- La féminisation dans les langues - à venir : Dans une pareille étude, il semble également judicieux d’observer les réactions de nos voisins. La question de la féminisation des noms de fonctions serait-elle propre au français ? Un rapide état de la question en néerlandais et en allemand nous livre une ébauche de réponse.
- Apprendre à mettre au féminin : Enfin, dès lors que l’on accepte d’abolir un nom masculin générique pour en donner un équivalent féminin, il devient intéressant d’étudier le phénomène de la mise au féminin. À quel suffixe recourir ? Suffit-il d’ajouter un –e final ? Certaines règles régissent la féminisation des noms, mais pouvons-nous nous en contenter ? L’absence de logique dans ce fait de langue ne va pas toujours sans poser quelques problèmes…
