Ces mots français pas si laids

De l'anglais au français
L’on parle souvent de l’incapacité du français à répondre aux attentes contemporaines en matière lexicale, du statisme de l’Académie française, de l’anglais qui, chaque jour, grappille du terrain, etc. Et l’on s’inscrit dans le mouvement dès lors qu’on ne légitime pas les créations françaises – soient-elles institutionnalisées ou non – qui viennent appuyer – souvent avec retard, certes – ces réalités nouvelles. Voici un top 10 des mots de l’usage courant, essentiellement issus du milieu informatique, pour lesquels un équivalent français plus ou moins satisfaisant existe. Ceci plus dans un geste de sensibilisation que de réel militantisme.
- À l’e(-)mail correspond l’émail, le mèl, mais surtout le courriel.
- Post (blog/forum) et topic se traduisent couramment par article (blog)/message (forum) et sujet (forum). Pour le verbe to post, la traduction d’usage est : envoyer, afficher.
- (to) Tag, très fréquent depuis l’arrivée de Facebook mais déjà existant précédemment, par exemple, sur les blogs, donne mot-clé (blog), étiquette/étiqueter, voire, marque(r) (Facebook).
- Au verbe to chat se substitue aisément discuter, bavarder et le mot-valise moins usité clavarder (clavier + bavarder).
- Dans la même veine que le courriel, l’e(-)book connaît la forme française de livrel (livre électronique).
- Les acronymes OMG (Oh my god !) et RIP (Rest in peace) disposent chacun d’une version francophone proche qui est, respectivement, OMD (Oh mon dieu !) – que je n’ai, cela dit, jamais rencontré – et REP (Repose en paix).
- (to) Download et (to) upload ont été empruntés, par le français, sous les formes hybrides de downloader et uploader – comme, par ailleurs, mailer, taguer, etc. – mais équivalent, littéralement, à télécharger et envoyer (voire téléverser).
- Le trop bien connu spam devient, en français, le mot-valise évocateur pourriel.
- Pourquoi forwarder un mail quand il suffit de transférer un courriel ?
- Enfin, le laptop (computer) n’est autre chose qu’un ordinateur portable.
Bien entendu, ils sont encore nombreux ces termes qui pâtissent de la toute-puissance de l’anglais, ou plutôt de son dynamisme. Nous invitons les déçus de ne pas voir figurer magasiner (faire du shopping) ou autres gratuiciel (freeware), partagiciel (shareware), etc. à visiter les précieux sites :
- Le signet informatique de l’Office de la langue française du Québec ;
- Le grand dictionnaire terminologique de l’OQLF ;
- Le vocabulaire d’Internet de la banque de terminologie du Québec.
Il est évident que la situation linguistique du Québec influe largement sur sa propension à réagir à l’anglicisation du parler français.
