Austen Jane, Orgueil et préjugés

Je rends hommage, par la présente, à ma période romantique et un peu fleur-bleue, en conseillant le très beau et très vieux roman de Jane Austen (1775 – 1817) : Orgueil et Préjugés. Vieux ? Oui ! Écrit entre 1796 et 1797, il ne trouva aucun éditeur avant 1813 et passa presque inaperçu lors de sa publication. Mais heureusement, vingt ans plus tard les gens eurent enfin du goût et il prit place parmi les classiques incontestés de la littérature anglaise.

Affiche du film Orgueil et préjugés

Affiche du film Orgueil et préjugés

Si le titre vous dit quelque chose, c’est peut-être parce que vous avez vu la dernière version cinématographique de 2006 réalisée par Joe Wright avec Keira Knightley et Matthew MacFadyen dans les rôles principaux, donc ceux des deux amoureux. Le film, certes, respecte bien le livre mais ce dernier est plus vivant, et surtout nous pouvons donner à nos héros les visages que nous voulons. Alors, que raconte cette histoire ?

La première phrase du roman est restée célèbre :

C’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit avoir envie de se marier, et si peu que l’on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu’il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l’esprit de ses voisins qu’ils le considèrent sur le champ comme la propriété légitime de l’une ou l’autre de leurs filles.

Illustration de la couverture du roman publié chez Folio Classique

Illustration de la première de couverture du roman publié chez Folio Classique

L’histoire est fort simple en vérité : dans la campagne anglaise du Hertfordshire, Mr. et surtout Mrs. Bennet veulent marier leurs cinq filles, et espèrent que l’une d’elles plaira à leur nouveau voisin, Mr. Bingley. Bingo, l’aînée et la plus aimable, Jane Bennet, lui fait les yeux doux et le sentiment semble partagé! Ce monsieur a un bon ami qui a lui aussi déménagé dans ce petit coin bourgeois : l’orgueilleux Mr. Darcy, qui voit d’un mauvais œil cette liaison naissante. Elisabeth Bennet suit attentivement les sentiments de sa sœur préférée. A ce moment survient l’officier Wickham, qui lui tourne autour et ne la laisse pas indifférente. Un autre personnage plutôt pittoresque, Mr. Collins, qui héritera de tous les biens de Mr. Bennet puisque celui-ci n’a que des filles, passe de Jane à Elizabeth puis à… enfin je vous laisse le soin de continuer la liste. Héroïne du roman, Elizabeth, elle-même un peu orgueilleuse et sûre d’elle, conçoit rapidement des préjugés envers Mr. Darcy. Quoique sa famille se conduise mal en société, elle ne peut s’empêcher de la défendre des critiques et du mépris de Darcy. Elle-même est visée lors de la soirée de leur première rencontre ; Darcy avait déclaré à son ami :

Elle est acceptable, mais pas assez belle pour mon goût.

C’est pourquoi elle expliqua le lendemain :

[…] je pourrais facilement lui pardonner son orgueil s’il n’avait mortifié le mien.

Darcy est pourtant secrètement amoureux d’Elizabeth et même si tout les oppose, son amour est assez fort pour arranger les choses entre Jane et Bingley, aider Elizabeth à retrouver sa jeune sœur Lydia qui s’est enfuie avec Wickham, ou pour oser la demander une deuxième fois en mariage. Sa première demande fut mal faite et repoussée avec froideur.

Photo extraite du film

Photo extraite du film

Comme dans toute belle histoire d’amour qui se respecte, les débuts sont difficiles. Bien que nous suivions les évènements du point de vue de l’héroïne, nous voyons vite naître l’amour de Darcy. Tous deux sont orgueilleux et Elizabeth est pleine de préjugés envers les gens qui lui semblent déplaisant, mais leurs sentiments vont pourtant bien évoluer.

Elizabeth ne se mariera pas pour les conventions, elle résistera aux tyrannies subtiles du paraître. Elle deviendra forte dans les épreuves.

Elizabeth, qui n’est pas riche, finira-t-elle par reconnaître son amour pour le riche et orgueilleux Mr. Darcy ? Viendra-t-elle à bout de l’orgueil qui sévit dans cette bourgeoisie fascinée par l’argent, mais aussi des préjugés qui brouillent sa lucidité ?

L’orgueil de Darcy arrivera-t-il à se plier aux désirs et aux moqueries de la jeune femme ? Vont-ils, surtout, finir par se marier ?

J’aimerai vous le dire mais vous comprenez, où serait donc l’intérêt de lire ce merveilleux roman ? Cependant, je vais dans ma grande bonté vous donner un indice : l’histoire se finit bien ! Quoi ? Ce que je dis vous semble prévisible ? Si c’est comme ça, je ne vous raconterai plus rien du tout ! Remarquez, je n’avais plus rien à ajouter.

Florence Pini, 2006.

Leave a Reply




Get Adobe Flash playerPlugin by wpburn.com wordpress themes