Annuaire de l’enseignant (FLM)
En cette rentrée, précipitée ou longtemps réfléchie, il est désormais temps pour nous de reprendre la plume et, pour d’autres, de s’interroger sur ce qu’ils enseigneront dans leur classe de français langue maternelle (FLM). Il n’est pas facile de débuter sa carrière d’enseignant(e). Quelques outils peuvent toutefois aider à préparer au mieux cette période tumultueuse, certes faite de plaisirs mais inévitablement chapeautée par l’angoisse du jeune professeur face à sa première classe. Par quoi débuter ? Quels auteurs présenter ? Quel fil rouge adopter ? Et les compétences dans tout cela ?
La matière est vaste et le temps consacré aux préparations de leçons manque bien souvent. À cette fin, CommuneLangue a répertorié quelques sites en consultation libre sur le net, qui peuvent parfois se montrer très utiles et… rassurants.
D’orientation plutôt littéraire :
- Études littéraires.com : véritable caverne d’Ali-baba, Études littéraires.com met à la disposition de chacun des fiches d’analyses d’œuvres romanesques à consulter en ligne, des propositions d’idées et même des pistes à exploiter dans le cadre de l’enseignement en classe.
- Magister : rassemblant bon nombre de travaux dirigés de français, ce site présente à la fois matière à enseigner — ou du moins à s’inspirer — et prodigue de-ci de-là de judicieux conseils pour un apprentissage bénéfique, que ce dernier se fasse en toute autonomie ou en groupe classe.
- Soleil amer : Soleil amer, au design très sympathique, offre à ses visiteurs la possibilité de télécharger plusieurs syllabus (thématiques) de cours ou quelques-unes des listes de lectures qu’ont proposé les deux auteures de ce site à leurs étudiants. Une aide non négligeable lorsqu’on débute sa carrière d’enseignant(e).
Langue et littérature françaises (FLM) :
- Enseignons.be : Au contenu étoffé et au design épuré, ce site s’adresse aux professeurs de français mais aussi d’autres branches, du secondaire comme du fondamental, en leur proposant de télécharger des préparations de cours réalisées par des enseignants. Enseignons.be est également remarquable par la possibilité qu’il offre de s’échanger des conseils entre professeurs ou de solliciter l’aide de ses pairs par le biais d’un salon de discussions.
À lire :
- Voyelle et consonne : chaque enseignant s’interroge inévitablement sur les ouvrages qu’il soumettra à ses étudiants. Est-il encore, à l’heure d’aujourd’hui, indispensable d’imposer la lecture intégrale d’une œuvre de Molière, de Flaubert ? Si le professeur décide d’introduire dans sa classe d’autres auteurs que les grands classiques, Voyelle et consonne deviendra vite une ressource incontournable. Régulièrement mise à jour, cette mine d’or recense une série d’ouvrages susceptibles de plaire aux étudiants. Libellés par niveau de difficulté, les livres présentés permettront à chaque enseignant de trouver une œuvre adaptée à son public scolaire.
Enfin, pour conclure cette liste – loin d’être exhaustive –, n’oublions pas le site sur lequel nous naviguons en ce moment. CommuneLangue dispose en effet lui aussi d’un espace dédié aux préparations de leçons réalisées dans le cadre de stages de didactique.
Dans l’espoir que la gamme d’adresses internet mentionnées ci-dessus puisse contribuer, de près ou de loin, à l’apaisement d’une première rentrée, nous vous souhaitons à tous, jeunes et moins jeunes professeurs, une excellente année scolaire.

Merci à communelangue de proposer ces sites. J’ai été voir le soleil amer et je trouve que c’est très sympa. Bon surf
Coucou les profs, l’internet est indispensable, mais je trouve que depuis la lecture est délaissée, il faut inciter les élèves à lire des livres. Qu’en dites-vous?
C’est marrant, j’en discutais justement ce midi avec une personne professeur de français dans le secondaire supérieur. De mon avis, il est important de mettre les élèves en contact avec le livre premièrement, de leur faire découvrir la lecture ensuite. Leur faire découvrir la lecture ne signifie pas forcément leur imposer la lecture intégrale des Misérables de V. Hugo — par exemple ; l’on peut très bien, en tant que médiateur entre les étudiants et la lecture, leur proposer de lire plusieurs petits ouvrages, classiques ou contemporains. Pourquoi obliger un élève à lire quelque chose qu’il n’a pas envie ? Dans l’idéal, il le lira ; une partie du groupe classe se contentera de parcourir des yeux chacune des lignes du roman ; d’autres élèves, encore, regarderont une adaptation cinématographiques. D’autres, enfin, se contenteront d’un résumé aveuglément pioché sur internet. Dans ce cas, l’objectif est-il atteint ?
Je pense sincèrement que l’on prend plaisir à lire à partir du moment où l’on apprécie ce qu’on lit, j’entends par là qu’on savoure l’intrigue du livre ou la manière dont il est rédigé. Or, ces aspects sont, comme les goûts et les couleurs, indiscutables : l’on aime… ou pas.
Pourquoi parle-je de cela ? Trop souvent, de mon avis, l’on s’évertue à « faire aimer la lecture » aux étudiants. « Les jeunes ne lisent pas », tarabuste-t-on nous. Mais, comme en matière de sentiments, a-t-on le droit de forcer un individu à lire ? À plus fortes raisons si on ne lui a pas appris à « lire » ? L’on peut, tout au plus, l’entrainer à découvrir la lecture et tenter, dans la mesure du possible, de lui rendre cela agréable. Comment ? La problématique est éminemment complexe, et je n’ai pas de réponse toute faite. Le fait de proposer aux étudiants non pas un ouvrage précis mais une liste de livres, cependant, devrait pouvoir faciliter cette entrée dans la littérature (au sens large du terme). L’équation est basique : si un étudiant a apprécié l’oeuvre lue, il ira plus facilement, de son plein gré, en chercher une autre ensuite ; que s’il n’a pas apprécié un instant la première, l’espoir du professeur que l’étudiant tienne (très vite) un autre ouvrage entre ses paumes relève de l’illusion.
Il serait très intéressant que vous nous fassiez part, Kangooroo, de votre opinion sur la question. Je serais ravie de discuter de cette problématique avec vous.