M. Tizeaute, témoin d’un accident de la ponctuation…
L’envie soudaine – peut-être simplement un peu de temps disponible – de partager avec vous un exercice créé par une collègue de travail dans le cadre de l’élaboration d’une séquence sur la ponctuation. L’idée est d’introduire le sujet auprès d’élèves de 11-13 ans en leur montrant son utilité première, à savoir la bonne transmission de l’information. Moins humoristique que ces questions d’héritage mais dans la même veine.
Voici le texte initial élaboré par ses soins. Il y est question d’un accident et il se fait que le constat a été rédigé, dans un souci de rapidité, sans ponctuation.
j’étais sur le trottoir devant la poste à la gauche du piéton les voitures étaient à l’arrêt à droite je vis arriver un automobiliste manifestement distrait par un appel téléphonique le piéton avait entamé sa traversée sans regarder le feu l’automobiliste continua sa route alors qu’il aurait du s’arrêter le piéton se trouvait déjà au milieu de la route quand l’automobiliste le vit il l’évita percutant un arbre au passage la police arriva en trombe l’automobiliste était sorti du véhicule vert de colère il asséna un violent coup de pied à la voiture
l’automobiliste expliqua le piéton n’avait rien à faire sur le passage pour piétons mon feu était vert le piéton ajouta l’automobiliste était au téléphone et ne m’a pas vu chacun put partir heureusement indemne le véhicule fut dégagé de la route
Sur la base de cet extrait, selon vous, qui peut être désigné responsable de l’accident ? Difficile à dire puisqu’il existe, au moins, deux interprétations différentes en fonction de la ponctuation « choisie ».
J’étais sur le trottoir devant la poste. A la gauche du piéton, les voitures étaient à l’arrêt. A droite, je vis arriver un automobiliste, manifestement distrait par un appel téléphonique. Le piéton avait entamé sa traversée. Sans regarder le feu, l’automobiliste continua sa route alors qu’il aurait dû s’arrêter. Le piéton se trouvait déjà au milieu de la route quand l’automobiliste le vit. Il l’évita. Percutant un arbre au passage, la police arriva en trombe. L’automobiliste était sorti du véhicule, vert de colère. Il asséna un violent coup de pied à la voiture.
- « L’automobiliste, expliqua le piéton, n’avait rien à faire sur le passage pour piétons. Mon feu était vert ! ».
- Le piéton ajouta : « L’automobiliste était au téléphone et ne m’a pas vu. » Chacun put partir, heureusement indemne. Le véhicule fut dégagé de la route.
Et la seconde
J’étais sur le trottoir devant la poste, à la gauche du piéton. Les voitures étaient à l’arrêt à droite. Je vis arriver un automobiliste. Manifestement distrait par un appel téléphonique, le piéton avait entamé sa traversée sans regarder le feu. L’automobiliste continua sa route. Alors qu’il aurait dû s’arrêter, le piéton se trouvait déjà au milieu de la route. Quand l’automobiliste le vit, il l’évita, percutant un arbre au passage. La police arriva en trombe. L’automobiliste était sorti du véhicule vert. De colère, il asséna un violent coup de pied à la voiture.
-L’automobiliste expliqua : « Le piéton n’avait rien à faire sur le passage pour piétons. Mon feu était vert ! ».
- « Le piéton, ajouta l’automobiliste, était au téléphone et ne m’a pas vu. » Chacun put partir. Heureusement indemne, le véhicule fut dégagé de la route.
Illustration Ponctuation de Pascal Sauvestre
