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	<title>CommuneLangue &#187; Un peu de lecture</title>
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	<description>Actualité, travaux, préparations, réflexions, créations, etc. concernant les lettres, en général, et la langue française en particulier</description>
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		<title>Jonathan Coe, Les nains de la mort</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Sep 2010 06:00:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Carole Glaude</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Un peu de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[XXe]]></category>

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		<description><![CDATA[Jonathan Coe, brave écrivain britannique, publie son deuxième roman Les Nains de la Mort en 1990 (et oui, c&#8217;est vieux! Bah, tant pis!). William, anti-héros dont on raffole, est un jeune pianiste dans un groupe à Londres qui tente de survivre dans la jungle londonienne. Malgré ses frustrations et sa tendance à faire du « [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Jonathan Coe, brave écrivain britannique, publie son deuxième roman <em>Les Nains de la Mort</em> en 1990 (et oui, c&#8217;est vieux! Bah, tant pis!).</p>
<p>William, anti-héros dont on raffole, est un jeune pianiste dans un groupe à Londres qui tente de survivre dans la jungle londonienne. Malgré ses frustrations et sa tendance à faire du « sur place » -notez qu&#8217;il trouve son travail sans intérêt; qu&#8217;il voudrait se lancer dans le journalisme ; qu&#8217;il est entouré de mauvais musiciens et d’un agent plus que douteux ; qu&#8217;il est isolé de ses deux seuls amis sont rester dans sa ville natale, qu&#8217;il partage un HLM dans une banlieue assez… « pittoresque » et que Madeline, la fille avec qui il sort depuis six mois, reste indifférente à ses charmes, mystérieuse et incompréhensible (mais revenons à nos moutons, donc malgré ses nombreux&#8230; désappointements ?) &#8211; il n’arrive pas à se résigner (orgueil mal placé plus qu’ambition à toute épreuve, cela dit!).</p>
<p>On avait déjà sorti les violons et paf ! V&#8217;la qu&#8217;il lui arrive pire encore : au moment où il décide de prendre sa vie en main et de changer de groupe, il est témoin d’un meurtre sanglant commis par&#8230; deux nains cagoulés (comme quoi, Jonathan Coe n&#8217;a pas choisi le titre de son roman en jouant au cadavre exquis avec !).</p>
<p>L.a suite du roman est une longue rétrospection : William nous raconte sa vie, son quotidien, retrace le chemin qu’il a parcouru pour avoir l’envie de changer de groupe et ponctue tout cela de diverses anecdotes.</p>
<p>Finalement, les trois derniers chapitres reprenant là où le roman avait commencé, tout s’enchaîne très vite. L’intrigue du meurtre est finalement dévoilée avec beaucoup de brio mais William reste le dindon de la farce, incapable de rétablir la vérité.</p>
<p>Les romans de Jonathan Coe sont souvent axés sur la vie, banale et même parfois pathétique, d’un ou de plusieurs personnages tout en ayant comme base un sujet précis que l’on retrouve tout au long du roman. « Tout se tient et tout et tout le monde est toujours lié » est la conclusion qu’on peut tirer après avoir refermé le livre. Dans Les Nains de la Mort, tout tourne autour de la musique, jusqu&#8217;aux noms des chapitres.</p>
<p>Comme chez Sébastien Japrisot (dont j’ai parlé plus tôt), l’intrigue est très bien ficelée ponctuée de diverses allusions et l’écriture est recherchée. Toutefois, j’ai quand même une nette préférence pour <em>La maison du sommeil</em> qui m’avait tout bonnement époustouflée !</p>
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		<title>Kondratek Antoni, Pour La Vie</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Aug 2010 15:59:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hadrien Seret</dc:creator>
				<category><![CDATA[Un peu de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[XXIe]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous êtes-vous déjà promenés à la Foire du Livre ? Solidement enchâssée dans son écrin de Tours et Taxis, cette fête des bibliophiles, cette célébration des lecteurs,  cette commémoration des dévoreurs de pages de tous poils attire souvent beaucoup de monde. Parmi cette masse de visiteurs, certains recherchent le prochain ouvrage qui les fera chavirer, d’autres [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vous êtes-vous déjà promenés à la Foire du Livre ? Solidement enchâssée dans son écrin de Tours et Taxis, cette fête des bibliophiles, cette célébration des lecteurs,  cette commémoration des dévoreurs de pages de tous poils attire souvent beaucoup de monde. Parmi cette masse de visiteurs, certains recherchent le prochain ouvrage qui les fera chavirer, d’autres y vont avec une liste prédéfinie d’œuvres à acquérir, comme s’ils entraient dans hypermarché éphémère. Il y a également ceux qui parcourent les allées et les stands au pas de charge, le programme fixé à la boutonnière, à la recherche de ce frisson singulier qui est celui de rencontrer un grand auteur. De cette intention découle généralement un échange qui oscille entre la chaleur humaine de l’intérêt et la froideur hypocrite des sourires convenus. Et comme tout rassemblement de corporation, ce sont ces têtes d’affiche qui drainent les foules au point qu’on pourrait penser qu’il n y a qu’eux.</p>
<p>Mais il y a également les autres. Des écrivains, le plus souvent amateurs, juchés dans des échoppes plus petites et moins tapageuses, qui tentent poliment d’accrocher le badaud lettré car ils ne possèdent pas pour eux l’hameçon de la célébrité. Ils ont écrit une histoire, souvent simplement par pur plaisir d’écriture et aimeraient vous la faire partager. Ceux-là sont occultés par les ténèbres de l’ignorance où brille un enthousiasme alimenté d’espérance.</p>
<p>L’auteur du livre dont je vais vous parler n’a jamais participé à la Foire du Livre. Pourtant, cet étudiant a quand même une histoire à vous proposer : un fruit de son travail. Alors laissons-lui une chance et goûtons-le.</p>
<p>En apparence, <em>Pour la vie</em> est un roman sentimental tout ce qu’il y a de plus classique : un couple, une séparation, de l’action chez l’un et chez l’autre, des moments difficiles, un soupçon de doute et puis au final, la reformation du duo d’amoureux, qui a bien changé depuis la première page, mais qui est convaincu désormais qu’il peut durer pour la vie.</p>
<p><a href="http://www.communelangue.com/wp-content/uploads/2010/08/couverture_1ere.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3543" title="couverture_1ere" src="http://www.communelangue.com/wp-content/uploads/2010/08/couverture_1ere.jpg" alt="" width="165" height="250" /></a>Mais passé cette structure, on peut voir poindre  au fil des pages, quelques innovations, qui, sans être totalement originales, apportent du crédit et du punch à l’intrigue : la protagoniste, Anicet, part à Madagascar avec une association pour observer des mammifères marins, sa grande passion. Son pendant masculin, Josué, est un stagiaire fraîchement débarqué dans un hôpital de Dunkerque où il va découvrir les joies et les peines du métier de médecin. Ces deux destins complètement opposés ; ces deux caractères bien trempés si proches et à la fois si différents, vont générer des péripéties et des réflexions qui, même si elles sont parfois prévisibles, parviennent à tenir le lecteur en haleine au moyen d’une narration classique mais ingénieuse.</p>
<p>En effet, une fois le couple séparé,  le lecteur va suivre tour à tour les péripéties de chaque moitié : il passera de l’émerveillement d’Anicet pour son lieu de villégiature à la fatigue et au labeur de Josué, du rapt de la jeune fille , conséquence d’une situation politique instable, au surmenage de son amoureux qui le mène droit au coma. De temps à autre, cette alternance est rompue avec l’introduction d’autres personnages importants du roman ou par des descriptions extrêmement réalistes du cadre de l’action.</p>
<p>Si ces ruptures sont les bienvenues pour éviter une certaine monotonie et permettent de ménager le suspense, en revanche le réalisme descriptif  dont use et abuse l’auteur souffre de moins de réussite. Si l’on sent que l’auteur a fait de grosses recherches pour obtenir ce résultat, on peut néanmoins déplorer son utilisation maladroite : ainsi, si certaines évocations font mouche (p. ex. la folie et les colères du dictateur de Madagascar dont la description progressive est à la fois crédible et réussie), d’autres, bien que vulgarisées et insérées vaille que vaille dans la trame du roman, semblent parfois tout droit sorties d’un guide du Routard ou d’un traité médical. Ce surgissement de termes techniques dans une narration fictionnelle casse quelque peu la féérie que peut susciter le texte et rebute sensiblement le lecteur non-averti. Même constat pour les sentences philosophico- moralisatrices qui parsèment le texte et qui vont de l’adéquat (« <em>On n’apprend pas aux gens à mourir, on leur apprend uniquement à avoir peur de la mort</em>. ») au trop pompeux (<em>« La liberté n’est qu’une illusion car elle implique de ne plus être sous la moindre contrainte […] La liberté, c’est aussi ne pas être influencé. Idéalisme forcené ! Avoir une opinion complètement sienne est impossible ! »</em>)</p>
<p>Au terme de la lecture, un sentiment mitigé anime le lecteur : on saluera la structure de la narration, qui sans être innovante, fait néanmoins s’accrocher le lecteur à l’intrigue. On mettra en exergue pour les mêmes raisons les personnages qui remplissent parfaitement leur rôle au sein des péripéties qu’ils vivent : susciter l’intérêt. Ainsi, on ressort plutôt content de ce roman, même si on ne pourra pas en oublier les défauts. Mais est-ce que ce ne sont justement pas ces imperfections qui rendent <em>Pour La Vie </em>si humain et si accrocheur ? Rouler sur un chemin rempli de cahots est toujours plus excitant que de conduire sur une route lisse et monotone. Et puis, dans le moteur de l’ouvrage de Kondratek, il y a un carburant dont on ressent les effets au fil des pages et qui rendent ces dernières sympathiques et méritantes.</p>
<p>C’est la passion.</p>
<p>Certains grands auteurs devraient parfois s’en souvenir.</p>
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		<title>Fernando Pessoa, génie de son temps</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Jun 2010 15:58:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Aurore Michaux</dc:creator>
				<category><![CDATA[À lire]]></category>
		<category><![CDATA[Evidence]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Un peu de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature européenne]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Portugais]]></category>
		<category><![CDATA[XXe]]></category>

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		<description><![CDATA[Vie et œuvre de Fernando Pessoa Fernando Pessoa (1888-1935) est la personnalité la plus importante du modernisme portugais et est aujourd&#8217;hui considéré comme le plus remarquable poète portugais du vingtième siècle et même, dans ce siècle, l&#8217;un des plus importants au niveau mondial. Pessoa se considérait comme un génie mais a toujours vécu modestement et, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: justify;"><img class="alignleft" title="Pessoa" src="http://i82.servimg.com/u/f82/13/02/93/61/pessoa10.gif" alt="" width="271" height="268" />Vie et œuvre de Fernando Pessoa</h3>
<p style="text-align: justify;">Fernando Pessoa (1888-1935) est la personnalité la plus importante du modernisme portugais et est aujourd&#8217;hui considéré comme le plus remarquable poète portugais du vingtième siècle et même, dans ce siècle, l&#8217;un des plus importants au niveau mondial.</p>
<p style="text-align: justify;">Pessoa se considérait comme un génie mais a toujours vécu modestement et, s&#8217;il n&#8217;était pas totalement inconnu, son influence était minime dans le milieu littéraire en 1935, année de sa mort. Il mourut d&#8217;ailleurs sans que la majeure partie de son œuvre ait été publiée : outre quelques poèmes dans des revues (comme <a title="Geração de Orpheu - Wikipedia (en anglais)" href="http://en.wikipedia.org/wiki/Gera%C3%A7%C3%A3o_de_Orpheu" target="_blank"><em>Orpheu</em></a>, dont il faisait partie intégrante), son seul livre publié de son vivant fut <em><a title="Message - Wikipédia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Message_%28recueil%29" target="_blank">Message</a> </em>(<em>Mensagem</em>), dans lequel il glorifiait le passé national et exhortait le pays à accomplir son destin de grandeur. Du reste, il gardait dans un coffre la majorité de sa production, qui vint à être découverte et publiée au cours du siècle. Son œuvre étant très vaste et dispersée, certains de ses textes sont publiés pour la première fois seulement au XXIe siècle.</p>
<p style="text-align: justify;">Né à Lisbonne, Pessoa vécut son enfance et son adolescence en Afrique du Sud, sa mère s&#8217;étant remariée après la mort de son père avec le consul du Portugal à Durban ; ses langues maternelles étaient le portugais et l&#8217;anglais. De retour à Lisbonne à 17 ans, il a travaillé modestement comme traducteur de correspondance dans une entreprise commerciale, mais avait acquis de façon autodidacte une culture générale extrêmement vaste. Parallèlement, il se consacre à l&#8217;écriture, en portugais et en anglais.</p>
<div class="mceTemp" style="text-align: justify;">
<dl class="wp-caption alignright" style="width: 387px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class=" " title="désoeuvrement" src="http://surlezinc.blogs.com/photos/uncategorized/fernando_opt.jpg" alt="" width="377" height="284" /></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Le désoeuvrement de Pessoa devint une incône de l&#8217;imaginaire national ; ici, une peinture d&#8217;António Costa Pinheiro</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Outre l’essai, genre dans lequel il a discouru sur d’innombrables sujets (de la littérature à la politique, de l’histoire nationale au mysticisme), Pessoa s’est aussi lancé dans le conte (<em>Le banquier anarchiste </em>(<em>O Banqueiro </em><em>Anarquista</em>)) et la dramaturgie (<em>Le marin </em>(<em>O Marinheiro</em>), appelé &laquo;&nbsp;drame statique&nbsp;&raquo;, est une version de <a title="Faust - Wikipédia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Faust" target="_blank"><em>Faust</em></a>). Cependant, bien que l’ensemble de son œuvre soit l’objet d’études et d’intérêt, c’est en poésie qu’il s’est le plus démarqué comme créateur. Son talent de <em>créateur</em> se révèle tôt, dans ses premiers poèmes publiés,<em> </em>« Pluie oblique » (&laquo;&nbsp;Chuva Oblíqua&nbsp;&raquo;), recueil dans lequel il donne le début d’un nouveau style, l’<em>Intersectionnisme</em>, caractérisé par le croisement du poème de réalités et de temps différents, symbole de la tendance pour la fragmentation et le désoeuvrement qui existe chez Pessoa.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans sa poésie, Pessoa démontre qu’il a une conscience excessive de sa propre existence, constatant qu’il intellectualise toutes ses sensations, ce qui l’empêche de ressentir véritablement. En observant d’autres êtres (une moissonneuse qui chante, un chat qui joue dans la rue), il ressent le désir de <em>s’autrer</em> (<em>outrar-se</em>) — c’est à dire d’être autre — désir qui l’accompagne depuis l’enfance. Désirant la simplicité mais se perdant dans la méditation angoissée, il vit la contradiction de vouloir être « une joyeuse inconscience / et la conscience de cela ». Sentant de multiples vies en lui, il cherche une façon de vivre ça à travers l’<em>imposture</em> et la création (imposture = pt. <em>fingimento</em> → le terme latin <em>fingere</em> signifie inventer, créer).</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" title="Hétéronymes" src="http://2.bp.blogspot.com/_mASU8Ymclic/RxfUuidOPrI/AAAAAAAAAGg/uMrm-Dz3FFA/s320/fernando+pessoa+-+multiplo.bmp" alt="" width="220" height="185" />Cette tendance est à distinguer de celle qui constituera la marque la plus originale de Fernando Pessoa : l’hétéronymie, paradigme de la fragmentation de l’identité. Pessoa a créé plusieurs hétéronymes, qui sont des entités poétiques auxquelles il a attribué noms, personnalités et styles différents. Pessoa a créé (ou <em>feint</em>), pour ses trois principaux hétéronymes, des vies bien délinéées, avec date de naissance, parcours, intérêts. À travers ce processus génial de création littéraire, une invention nouvelle de la poésie européenne, il a lui-même donné origine à une œuvre plurielle et très riche, presque comme si c’était l’œuvre d’une génération entière. Ses trois hétéronymes les plus importants (Álvaro de Campos, Alberto Caeiro et Ricardo Reis) ont donné lieu à une production poétique singulière et abondante, qui se joint à celle de Fernando Pessoa lui-même (appelé orthonyme, pour le distinguer des hétéronymes). Si chaque hétéronyme est cohérent dans l’ensemble de sa production, les œuvres de chacun d’entre eux contrastent et sont l’antithèse les unes des autres, comme dans un jeu des contraires.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Les hétéronymes</h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Álvaro de Campos</strong> est l’hétéronyme le plus proche du mouvement moderniste (dont il a d’ailleurs fait partie avec le manifeste <em>Ultimatum</em>), cosmopolite, voyageur et dandy. Expansif, c’est le plus innovateur dans le langage et les caractéristiques utilisées. Dans ses longues odes, dans lesquelles il adopte le vers libre, il exalte l’industrialisation et le progrès et manifeste le désir de fusionner avec les machines et la vélocité du siècle nouveau, souffrant de la nette influence du mouvement futuriste. Dans ces compositions, il montre l’envie de « tout ressentir de toutes les manières » (&laquo;&nbsp;sentir tudo de todas as maneiras&nbsp;&raquo;), un peu comme le poète américain Walt Whitman. C’est aussi le plus instable au niveau de la personnalité : à la fin de sa vie, il ressent une profonde fatigue de la civilisation et un sentiment d’incomplétude qui le poussent à se réfugier dans l’enfance.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Alberto Caeiro</strong> est le poète paysan, qui n’a que peu d’instruction et utilise un langage très simple. Il prétend atteindre la vérité et appréhender la connaissance à travers les sensations, rejetant la métaphysique et le transcendantalisme qui était alors en vogue dans la littérature mystique (matière à laquelle, d’ailleurs, Fernando Pessoa orthonyme s’intéressait profondément). Il est donc le maître d’une nouvelle doctrine, le Sensationnisme (la primauté des sentiments comme un pont vers la connaissance), maître reconnu et suivi par tous les autres hétéronymes et aussi par Fernando Pessoa orthonyme.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ricardo Reis</strong> est un poète de formation classique et sa poésie le reflète, par les formes strophiques qu’il utilise et par son recours aux thèmes et aux images classiques. Ses poèmes sont clairs et précis, presque au maximum de la vie. Conscient de la brièveté de la vie, il est adepte de l’épicurisme et de la maxime <em>carpe diem</em>. Face à un monde dominé par des forces supérieures et transcendantes, Reis manifeste parfois un certain orgueil dans sa condition humaine, dans laquelle il se rapproche de l’épicurisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Il nous reste à aborder <strong>Bernardo Soares</strong>, le représentant le plus récemment découvert de la création pessoenne, auteur de l’un des plus importants livres publiés au Portugal au vingtième siècle, <a title="Le Livre de l'Intranquilité - Wikipédia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Livre_de_l%27intranquillit%C3%A9" target="_blank"><em>Le Livre de l’Intranquilité</em></a> (<em>O Livro do Desassossego</em>), composé de fragments de prose, et qui est bien l’expression du sentiment d’inquiétude et de névrose du siècle. Soares est défini par Pessoa lui-même comme « semi-hétéronyme », ce en quoi il le place d’une certaine manière dans une position intermédiaire. Il ne s’agit pas d’une création totale comme Reis, Caeiro ou Campo ; il n’a pas d’univers propre, comme eux. Par le style, il se rapproche de Pessoa, et ses angoisses sont aussi les mêmes que celles de son créateur.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">_</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">_</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">_</span></p>
<p style="text-align: justify;">(Cet article est une traduction adaptée du fascicule <em>Resumo da História da Literatura Portuguesa</em> réalisé par Gonçalo Duarte (Institut Camões) dans le cadre du cours Histoire des littératures lusophones I qu&#8217;il a donné à l&#8217;Université Libre de Bruxelles en 2009.)</p>
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		<title>Beckett Samuel, Tous ceux qui tombent</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Feb 2010 11:36:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hadrien Seret</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Un peu de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Beckett]]></category>
		<category><![CDATA[pièce radiophonique]]></category>
		<category><![CDATA[XXe]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est l’histoire d’une petite vieille comme les autres. Une petite vieille que le poids des ans a fait courber peu à peu. Une petite chose que chaque heure passée en vie,  a rendu plus aigrie encore. Une vieille carne à peine ressuscitée d’un mal qui l’a clouée au lit. Et qui doit, en plus, aller [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.communelangue.com/wp-content/uploads/2010/02/v_2707302858.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3430" title="v_2707302858" src="http://www.communelangue.com/wp-content/uploads/2010/02/v_2707302858.jpg" alt="" width="180" height="282" /></a>C’est l’histoire d’une petite vieille comme les autres. Une petite vieille que le poids des ans a fait courber peu à peu. Une petite chose que chaque heure passée en vie,  a rendu plus aigrie encore. Une vieille carne à peine ressuscitée d’un mal qui l’a clouée au lit. Et qui doit, en plus, aller chercher Dan Rooney aujourd’hui.</p>
<p>Dan, c’est le mari aveugle de cette dame âgée qui a vu beaucoup d’étés et dont le cœur s’est corrompu dans l’humus des feuilles d’automne.</p>
<p>Mme Rooney s’apprête donc à entamer son calvaire pour aller retrouver son mari à la gare. Cela l’embête, elle n’aime pas sortir. Mais si elle ne le fait pas, qui donc l’accomplira pour elle ? Personne.</p>
<blockquote><p>« Sortir, de nos jours, c’est le suicide assuré. Mais rester chez soi, Monsieur Tyler, rester chez soi, qu’est-ce que c’est ? C’est s’éteindre à petit feu. »</p></blockquote>
<p>Mme Rooney sort alors et va entamer son périple d’un pas trainant, la mesure caractéristique du pas d’un vieux.  À cette foulée, elle aura juste le temps d’être à l’heure et pourtant ce ne sera pas le cas. En effet, elle a oublié de prendre en compte dans ses calculs sa vie sociale. L’avantage d’avoir déjà longtemps vécu, c’est qu’on connaît beaucoup de monde. Trop tendra à se dire Mme Rooney au fil de la pièce. C’est vrai qu’à force de tomber successivement sur Mr Tyler le facteur, Mr Slocum, le directeur des Courses, Melle Fitt, la bigote qui ne remarque jamais rien parce qu’elle marche avec le Créateur ou encore Mr  Barrell, le chef de gare,  le retard ne peut que s’accumuler. Pourtant tous ces personnages tendent à vouloir aider la pauvre personne âgée : le facteur veut faire la route avec elle,  Mr Slocum l’invite à pénétrer dans sa voiture, Melle Fitt est réquisitionnée pour aider Mme Rooney à gravir les escaliers qui mènent à la gare… Sous le couvert d’une non-volonté d’assistance, cette dernière abuse des largesses et use ses samaritains au point de les dégoûter de leur geste :</p>
<blockquote><p>« Rendre service aux gens, ah, parlons-en ! »</p></blockquote>
<p>Tout ça pour constater à midi trente-six , une fois arrivée sur le quai, que le rapide de midi trente n’est pas encore en gare ! Où se trouve Dan ? Lui est-il arrivé quelque chose de grave ? On se rend compte que même si elle passe son temps à râler dessus, Mme Rooney l’aime bien, son Dan !</p>
<p>Lorsqu’après d’autres péripéties, le couple finit par se retrouver et reprendre la route dans la communion de leurs pas traînants, les chamailles de couples s’allument derechef : il ne s’agirait pas de tomber dans l’escalier ! Il ne faudrait pas marcher et parler en même temps sans quoi Dan perdrait son souffle et pourrait vaciller ! Il ne faudrait pas oublier non plus de donner un sou supplémentaire au petit Jerry qui a couru après les deux vieilles personnes pour donner à Mr Rooney quelque chose qu’il avait laissé tomber ! Enfin, si ce dernier, comme il le plait à le ponctuer, n’est pas dans la tombe !</p>
<p>Mais toutes ces tergiversations n’expliquent pas à Mme Rooney pourquoi le train a eu du retard. Elle questionne, elle veut savoir. Mr Rooney se montre évasif, raconte en éludant la fin, ne veut pas en dire davantage… C’est finalement le petit Jerry, qui au moment où il remet l’objet qu’avait laissé tomber Dan, annonce à la vieille femme aigrie que durant le voyage, un petit enfant est tombé d’un des wagons, avant d’être broyé par les terribles roues de fer.</p>
<p>Au fil de cette pièce radiophonique, Samuel Beckett s’amuse à nous dresser le portrait d’une vieillesse certes stéréotypée mais qui a encore cours à notre époque. Composé d’un côté dune vieille femme aigrie, faussement aguicheuse et passé maîtresse dans l’art d’enquiquiner les gens et de l’autre d’un vieillard aveugle à qui la vie n’apporte plus rien, le couple Rooney symbolise ces caractéristiques de respect, d’agacement et de générosité dont chacun a, à un moment ou un autre, affublé ses aïeux. Pourtant, ce <em>loci communs</em>, exploité sous le prisme des différentes manières de tomber, ne doit cependant pas jeter l’opprobre sur les héros qu’il met en scène : ceux-ci se révèlent au final terriblement attachants et leurs disputes horriblement drôles. Comme tous les petits vieux, en somme…</p>
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		<title>Kristof Agota, L&#8217;Analphabète</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Jan 2010 22:02:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hadrien Seret</dc:creator>
				<category><![CDATA[Un peu de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[Francophonie]]></category>

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		<description><![CDATA[La couverture de ce livre est un mensonge. Lorsque les yeux du lecteur abordent la mention « récit autobiographique » placardée en sous-titre de l’Analphabète, ce dernier pensera avoir en mains l’histoire complète de la vie d’une écrivaine francophone par elle-même. Dans l’absolu, ce n’est pas faux. Pourtant, si le récit a pour thème principal Agota Kristof, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.communelangue.com/wp-content/uploads/2010/01/9782881825125.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3409" title="9782881825125" src="http://www.communelangue.com/wp-content/uploads/2010/01/9782881825125-205x300.jpg" alt="" width="205" height="300" /></a></p>
<p>La couverture de ce livre est un mensonge.</p>
<p>Lorsque les yeux du lecteur abordent la mention « récit autobiographique » placardée en sous-titre de l’<em>Analphabète</em>, ce dernier pensera avoir en mains<span id="more-3407"></span> l’histoire complète de la vie d’une écrivaine francophone par elle-même. Dans l’absolu, ce n’est pas faux. Pourtant, si le récit a pour thème principal Agota Kristof, il ne s’agit pas d’une histoire d’existence au sens premier du terme : l’ouvrage ne reprend, en effet, que de courtes chroniques rédigées par l’auteur, peu après le succès de son premier roman <em>Le Grand Cahier </em> (1986).</p>
<p>On pourra peut-être déplorer l’absence de volonté de l’écrivaine de rédiger, de plein gré, les péripéties de son passé. Et se demander par la même occasion  si les fragments d’instantanés rassemblés dans ce recueil – aujourd’hui désavoué par la romancière elle-même –ont un quelconque intérêt outre celui purement commercial ?</p>
<p>Étonnamment, la réponse est oui.</p>
<p>Car au travers des onze petits chapitres qui nous sont présentés, on découvre l’essence d’Agota Kristof : une personne encore profondément meurtrie par l’exil soudain de sa patrie natale, il y a plus de 50 ans, son combat pour lutter contre le désespoir de la routine et les injustices conjugales, ses actions entreprises pour ne pas tomber dans le maelström du « No Future » qui guette tous les immigrés.</p>
<p>Cependant, réduire l’<em>Analphabète </em> à sa simple composante biographique intrinsèque serait une erreur. Car celui-ci se présente surtout le récit de l’apprentissage d’une langue, le français. Ainsi, on passe au fil des pages de  la création des premiers poèmes en hongrois à la narration de son adaptation dans cette société occidentale aux antipodes de la sienne qu’est la Suisse , son seul refuge pour échapper à l’ouragan répressif communiste.  Et surtout , en filigrane , à la bataille menée par un être qui bascule du jour au lendemain de la poésie à l’analphabétisme : des douloureux premiers gestes qui président à l’apprentissage du français à la consécration littéraire  qui s’ensuivra.</p>
<blockquote><p><em>Je sais que je n’écrirai jamais le français comme l’écrivent les écrivains français de naissance mais je l’écrirai comme je le peux , du mieux que je peux. Cette langue, je ne l’ai pas choisie. Elle m’a été imposée […] Écrire en français, j’y suis obligée. C’est un défi. Le défi d’une analphabète.</em></p></blockquote>
<blockquote><p><em> </em></p></blockquote>
<p>Rempli d’anecdotes drôles mais aussi profondément humaines, <em>L’Analphabète </em> réussit le tour de force de nous dévoiler l’essentiel de ce qu’il faut connaître sur son auteur en moins de 55 pages. Sublimé par l’écriture simpliste mais efficace, ce texte prend le parti de satisfaire les simples curieux mais également de donner à ceux qui les recherchent, quelques clés de voûte capitales de l’œuvre d’Agota Kristof.</p>
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		<title>Levi Primo, Si c&#8217;est un homme.</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Dec 2009 11:22:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hadrien Seret</dc:creator>
				<category><![CDATA[Un peu de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Auschwitz]]></category>
		<category><![CDATA[Deuxième Guerre Mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[Primo Levi]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignage]]></category>

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		<description><![CDATA["Les personnages de ce récit ne sont pas des hommes . Leur humanité est morte , ou eux-mêmes  l’ont ensevelie sous l’offense subie ou infligée à autrui. Les SS féroces  et stupides , les Kapos , les politiques , les criminels , les prominents grands et petits et jusqu’aux Häftlinge , masse asservie  indifférenciée , tous les échelons de la hiérarchie dénaturée instaurée par les  Allemands sont paradoxalement unis par une même désolation intérieure. "]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><img class="alignleft size-medium wp-image-3355" title="levi" src="http://www.communelangue.com/wp-content/uploads/2009/12/levi-182x300.jpg" alt="levi" width="182" height="300" /></p>
<p><em>« Les personnages de ce récit ne sont pas des hommes. Leur humanité est morte , ou eux-mêmes  l’ont ensevelie sous l’offense subie ou infligée à autrui. Les SS féroces  et stupides, les Kapos, les politiques, les criminels, les prominents grands et petits et jusqu’aux Häftlinge, masse asservie  indifférenciée, tous les échelons de la hiérarchie dénaturée instaurée par les  Allemands sont paradoxalement unis par une même désolation intérieure. »</em></p></blockquote>
<p>Ce petit passage, fruit d’une gestation de deux dizaines de mois de (sur)vie à Auschwitz, est né de la plume de Primo Levi, un chimiste italien dont le seul grief était d’avoir une origine juive. Une fois  son livre <em>Si c’est un homme </em> refermé, une fois qu’on a terminé le parcours de ce fragment d’existence en sa compagnie, on se rend vite à quel point ces quelques lignes concentrent à elles seules  toute l’horreur des lieux mais surtout le dilemme de chacun de ses occupants : accepter de s’abâtardir ou bien mourir.</p>
<p>Dans ce camp où les seules choses qui poussent sont les fils barbelés et où la seule lumière qui abonde  en dehors du soleil provient de flammes, rester un homme n’est plus la condition <em>sine qua non</em> pour évoluer en société, c’est devenu un arrêt de mort. En passant le portique d’entrée, l’écrivain comprend qu’il a abandonné son manteau d’humanité civilisée sur un paillasson de flocons de neige.</p>
<p>Tout entier, l’auteur va être pris dans l’engrenage terrible du système de « destruction de l’homme » élaboré par les Nazis.  Coupé de son passé (on lui prend ses effets personnels et ses papiers d’identité dès son arrivée),  vêtu de haillons qui ont jadis servis de linceuls à d’autres personnes, aspergé par l’eau capricieuse de douches insalubres et rendu méconnaissable par de cruels coups de rasoirs, le chimiste va également perdre son prénom et son nom : désormais, les lettres ont été remplacées par des numéros tatoués sur sa peau symbolisant la réduction de son être en une quelconque suite chiffrée qui ressemble fortement au code d’un coffre-fort nommé enfer.</p>
<blockquote><p>« <em>Häftling : j’ai appris que je suis un Häftling . Mon nom est 174 517 ; nous avons été baptisés  et aussi longtemps que nous vivrons nous porterons  cette marque tatouée sur le bras gauche.</em> »</p></blockquote>
<p>Au rythme du sang clapotant dans des souliers de bois, Primo Levi accomplit les besognes les plus ingrates, se fatigue petit à petit puis de plus en plus au fur et à mesure que les carences apparaissent. Dans cet endroit ténébreux où le froid et l’épuisement fauchent ses semblables au fil des sélections, son seul phare est une ration de pain, une gamelle de soupe et quelques amis.</p>
<p>Car dans la visite guidée qu’il nous fait du quotidien d’Auswitchtz,  on ne peut s’empêcher de déceler néanmoins une humanité. Pour la trouver, il suffit simplement de ne pas prendre le terme dans son acception moderne mais bien de se tourner  vers ses racines , vers ses stéréotypes, vers le primitif. La vie en concentration au-delà des conditions infernales de travail, au-delà de l’harassement, des privations, des humiliations fréquentes  est brossée avant tout comme étant l’histoire d’une communauté dont la création repose sur un et un seul leitmotiv : survivre. Pour atteindre cet objectif, toute une économie se met en place : cela va de l’artisan qui fabrique des cuillers avec un bout de métal  aux prisonniers qui transforment le produit pour lui faire acquérir une valeur marchande plus conséquente, en passant par ceux qui le vendent en troc pour obtenir le maximum de la monnaie du camp : les rations de pain. Avec toutes les dérives que cela suscite pour pouvoir obtenir via les échanges de quoi combler son manque alimentaire : ainsi, les faits de vol sont légions  et la moindre inattention est immédiatement sanctionnée d’un changement de propriétaire. Pourtant à côté de ces petits délits, on retrouve aussi une franche camaraderie entre tous ces hommes embarqués dans la même galère et qui communiquent entre eux  avec des babils dignes de la Tour de Babel.</p>
<p>Parallèlement à cette alternance de scènes horribles et affreusement journalières, le déroulement du récit est pris en charge par le moteur de l’Histoire qui enraie progressivement le processus de bestialité au son de l’arrivée des Russes.  Ce même médium qui met le camp en débandade et entraîne des milliers de captifs dans une ultime marche forcée dans laquelle beaucoup laisseront corps et biens.  Heureusement pour la mémoire, Levi ne participa pas à cette traversée, cloué sur un des lits  de l’infirmerie par une forte fièvre. Commence alors pour l’auteur et ses compagnons malades, une lutte pour continuer à vivre en attendant l’Armée Rouge . Dans le bloc où ils ont été isolés, ils arrivent , malgré la promiscuité et la peur constante d’être touchés par un bombardement , à s’organiser pour atteindre cet objectif en se nourrissant d’aliments congelés abandonnés ça et là dans le camp et en tentant d’améliorer leur confort par quelques combines de système D (création d’un chauffage avec un vieux poêle usagé, construction d’un circuit électrique avec une batterie de camion…). Et comme dans tous les récits de ce type, ce n’est que quand le manque se fera cruellement sentir que la délivrance apparaîtra aux portes d’Auschwitz.</p>
<p><em>Si c’est un homme </em> est souvent considéré comme l’un des tous premiers témoignages littéraires sur l’enfer des camps de concentration. À ce titre, on serait vite tenté aujourd’hui de préjuger son contenu, de le classer dans la veine de tous ces témoignages guerriers qui ont fleuri  ces dernières années. Ce serait néanmoins prendre un raccourci trop facile.  Oui, bien sûr que le livre n’est certainement une histoire à l’eau de rose, oui, bien sûr que les faits narrés par le chimiste sont cruels, insoutenables  encore plus lorsqu’on constate avec quelle « objectivité », avec quel calme il nous les raconte. Peut-on seulement blâmer la propension de Primo Levi à banaliser certains actes abjects lorsque l’on sait  qu’il a  côtoyé les facettes humaines les plus noires pendant presque deux longues années ? Quelle que soit la réponse que l’on devrait  apporter à cette question, il ne faudrait cependant pas conclure qu’il ait placé son récit à l’aune du jais. Si on pouvait se permettre seulement de la résumer, on pourrait affirmer que les péripéties de cette humanité au conditionnel se résument à une page : d’une part ,maculée de lignes ténébreuses qui contiennent l’essence de la cruauté nazie mais également d’autre part, entrecoupée de blancs qui symbolisent autant de rayons d’espoir et de joie qui ont scintillé dans cet univers opaque.</p>
<blockquote><p>«<em> Peut-être ai-je trouvé un soutien dans mon intérêt jamais démenti pour l’âme humaine, et dans la volonté non seulement de survivre […] mais de survivre dans le but précis de raconter des choses auxquelles nous avions assisté et que nous avions subies. Enfin, ce qui a peut-être également joué, c’est la volonté que j’ai tenacement conservée, même aux heures les plus sombres,  de toujours voir, en mes camarades et en moi-même, des hommes et non des choses, et d’éviter  ainsi cette humiliation, cette démoralisation totales qui pour beaucoup aboutissaient au naufrage spirituel. </em>»</p></blockquote>
<p>Par une ironie cruelle du sort, on peut constater que c’est sa volonté et son travail quotidien pour rester humain qui l’a rendu libre. Sans pour autant empêcher le navire de son existence de couler, un jour de 1987.</p>
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		<title>Houellebecq Michel, Les particules élémentaires</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Aug 2009 17:06:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hadrien Seret</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Un peu de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Avant-garde]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[XXe]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce livre est pour le moins un roman curieux. Étrange. Un peu comme son auteur d'ailleurs , personnage à la fois un peu mystérieux et provocateur dont on rattache l'œuvre à une étiquette d' « avant-garde » remise au goût du jour. Un peu comme le propos de ses Particules Élémentaires que l'on pourrait résumer à l'histoire chassée-croisée  d'un obsédé sexuel raté et d'un biologiste moléculaire asexué à l'existence monotone, reliés entre-eux par le titre de demi-frères. Mais ce serait injustement réduire l'ouvrage à peau de chagrin. Livre ouvertement élitiste,  il est plus que cela , dans le sens positif et négatif du terme.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="file:///C:/Users/BOSMAN/AppData/Local/Temp/moz-screenshot.png" alt="" /></p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-3158" title="Michel_Houellebecq" src="http://www.communelangue.com/wp-content/uploads/2009/08/Michel_Houellebecq-186x300.jpg" alt="Michel_Houellebecq" width="213" height="325" /></p>
<p>Ce livre est pour le moins un roman curieux. Étrange. Un peu comme son auteur d&#8217;ailleurs, personnage à la fois un peu mystérieux et provocateur dont on rattache l&#8217;œuvre à une étiquette d&#8217;« avant-garde » remise au goût du jour. Un peu comme le propos de ses <em>Particules élémentaires </em>(1998) que l&#8217;on pourrait résumer<em> </em>à l&#8217;histoire chassée-croisée  d&#8217;un obsédé sexuel raté et d&#8217;un biologiste moléculaire asexué à l&#8217;existence monotone, reliés entre-eux par le titre de demi-frères. Mais ce serait injustement réduire l&#8217;ouvrage à peau de chagrin. Livre ouvertement élitiste,  il est plus que cela, dans le sens positif et négatif du terme.</p>
<p>Les premiers paragraphes amorcent le personnage Michel Djerzinski, brillant chercheur en biologie moléculaire de Paris. Depuis son enfance douloureuse &#8212; il est élevé par sa grand-mère après avoir été abandonné par son père puis sa mère &#8211;, le petit Michel s&#8217;est toujours intéressé de très près à tout ce qui touchait à la science, préférant de loin la compagnie de ses expériences et de ses volumineux traités à celle des hommes.  Timide, très réservé, son caractère est froid, impassible. Hormis son travail, rien ne semble avoir grâce à ses yeux. Rien ne semble éveiller son attention. Même pas les femmes qui ne suscitent absolument rien en lui, même pas la douce et jolie Annabelle qui est conquise par son côté mystérieux. Et surtout pas le désir sexuel, qu&#8217;il dénigre, à propos duquel il affiche manque flagrant de considération car pour lui, à la frontière de l&#8217;inutile. Le narrateur souligne d&#8217;ailleurs d&#8217;emblée ce caractère asexué, fondateur du personnage  : « <em>Sa bite lui servait à pisser et c&#8217;est tout. »</em></p>
<p><em><span id="more-3154"></span></em>Michel trouve l&#8217;humanité égoïste, corrompue, faible. Et il veut changer cela. Le but de ses recherches est de décoder entièrement le mystère de l&#8217;ADN pour pouvoir ensuite présider et réguler les différents échanges qui interviennent lors du processus de procréation. Afin de mettre sur pied une race d&#8217;homme parfaite, immortelle et si possible, asexuée. C&#8217;est ce seul projet qui donne sens à son existence, le reste lui importe peu. Sa vie, hors de ses activités scientifiques, s&#8217;apparente à une marche à travers de longs couloirs vides où règne la solitude et la monotonie.</p>
<p>La seule personne avec qui il s&#8217;oblige à avoir des échanges, est son demi-frère, Bruno. Et encore, plus par respect des liens du sang que par véritable envie.</p>
<p>Bruno a une mère commune avec Michel. Lui aussi a été élevé par sa grand-mère paternelle après que ses parents n&#8217;eurent plus envie de s&#8217;occuper de lui. Placé dans un internat lorsqu&#8217;il fut temps pour lui d&#8217;aller à l&#8217;école, ses rondeurs prononcées l&#8217;amenèrent vite à devenir le souffre-douleur de son dortoir. De là, il développa sans doute un besoin d&#8217;affection grandissant puis plus tard de sexe. Entre frustrations et occasions manquées, il ne réussira jamais à le combler. Son second centre d&#8217;intérêt, derrière les fellations et l&#8217;onanisme, c&#8217;est la littérature. Bruno va étudier et devenir professeur de français. Puis se marier et avoir un fils, choses dont il ne tirera aucun bonheur. Et surtout aucune satisfaction sexuelle.</p>
<p>Les protagonistes principaux de l&#8217;histoire sont donc deux frères que tout oppose. Même sur ce thème principal de la trame qu&#8217;est le sexe. Conjugué en inutilité par l&#8217;un et en raison de vivre par l&#8217;autre.</p>
<p>Clap de fin sur la première partie du livre.</p>
<p>La deuxième nous fait retrouver cette étrange fratrie à l&#8217;âge de quarante ans. On se focalise d&#8217;abord sur un Bruno aigri, vieillissant, mais toujours aussi libidineux. Constamment en quête d&#8217;un plaisir sexuel qu&#8217;il n&#8217;arrive à atteindre que par la voie de la masturbation, il peste. Son regard, son désir ne sont plus attirés que par des femmes beaucoup plus jeunes que lui : celles de sa génération lui paraissent trop flétries par le temps et les excès pour lui arracher un émoi. Il espère chasser le chat noir de ses frustrations en se rendant au Lieu Du Changement, un camping où survit l&#8217;esprit hippie-Woodstock des années &#8217;60-&#8217;70 et où l&#8217;hédonisme est roi. À bien des égards, la recherche de vagins accueillants de Bruno dans ce lieu insolite le font s&#8217;apparenter aux actions du nain Ragotin dans le Roman Comique de Scarron : chacune de ses entreprises est couronnée d&#8217;un cuisant échec, chacune de ses vengeances de revers plus importants. Tourné en ridicule par une série de situations burlesques, il devient lui-même ridicule. Cependant, contre tout attente, il finira par atteindre son but en rencontrant Christiane, une professeur de sciences de son âge, profondément blessée par l&#8217;amour et sa manifestation physique mais qui pourtant succombe devant le charme un peu enfantin de Bruno ; elle apprend sans sourciller la vie chaotique de ce dernier, ses nombreuses visites chez les prostituées, son internement en hôpital chaotique pour avoir pratiqué un léger attouchement à l&#8217;une de ses élèves&#8230; Elle l&#8217;accepte tel qu&#8217;il est. Elle accepte d&#8217;assouvir son besoin d&#8217;affection. Et de sexe.</p>
<p>Ils vivent heureux tous les deux.</p>
<p>Du côté de Michel, rien n&#8217;a changé. Il est toujours plongé dans ses recherches qui n&#8217;avancent pas et semble toujours aussi peu préoccupé de l&#8217;amour et de ses facéties. Son esprit se perd dans des considérations scientifiques et philosophiques qui ne l&#8217;aident pas à atteindre son but eugénique. Seules les discussions qu&#8217;il a régulièrement avec Bruno, qui sont autant de caricatures de confrontations entre un littéraire et un scientifique, cassent un peu le rythme mécanique de ses journées. Pourtant la rencontre fortuite d&#8217;une Anabelle, elle aussi meurtrie par l&#8217;amour, mais aux sentiments encore intacts pour Michel, va considérablement bouleverser son existence. Avec elle, le froid scientifique va tenter de ressentir ce qu&#8217;il a toujours considéré comme futile&#8230; L&#8217;amour et le plaisir.</p>
<p>Cette deuxième partie s&#8217;achève donc sur une amorce d&#8217;éducation sentimentale pour les deux protagonistes principaux du récit. Une vie sentimentale dont la suite sera décrite dans la troisième partie. Ainsi, on constatera que les conséquences de cette initiation à l&#8217;amour seront désastreuses pour Bruno : certes, il passe de très bons moments avec Christiane mais lorsque celle-ci est victime d&#8217;une paralysie des membres inférieures, il l&#8217;abandonne sans aucun scrupule. Elle mourra quelques temps plus tard et il retournera spontanément à la clinique psychiatrique.</p>
<p>Pour Michel, cet épisode ne sera qu&#8217;une parenthèse pour mieux retourner dans la routine de ses travaux. Malgré tous les efforts d&#8217;Annabelle, Michel ne parvient pas à l&#8217;aimer. Il apprécie énormément les moments passés avec elle mais il n&#8217;éprouve pas la même attirance que sa compagne. Il n&#8217;arrive pas à franchir le pas. Il n&#8217;a en réalité que faire de cette distorsion des sentiments qui détruit petit à petit son amie d&#8217;enfance mais le laisse complètement impassible.</p>
<p>Elle finira par mourir d&#8217;un cancer. Michel, quant à lui, achèvera ses travaux. Ayant ainsi perdu sa raison de vivre, il disparaîtra.</p>
<p><em> </em></p>
<p><em>« La possibilité de vivre commence dans le regard de l&#8217;autre. », </em>écrivait Houellebecq quelques dizaines de pages auparavant. En annihilant ce regard, Bruno et Michel ont achevé de vivre. Est-ce pour autant la fin des <em>Particules élémentaires </em>? Pas tout à fait.</p>
<p>Car l&#8217;auteur entrecoupe sa trame principale de réflexions de son cru. Si la plupart d&#8217;entre-elles sont d&#8217;ordre scientifique et concernent Michel et son travail à caractère eugénique, Houellebecq couche également sur papier des considérations sociologiques sur l&#8217;évolution des mœurs amoureuses ou familiales des années &#8217;60 à nos jours. Très caustiques, volontairement provocatrices, ces opinions ont principalement pour but d&#8217;étayer les personnages, de leur donner un peu plus de liant, de profondeur mais également de justifier leurs actions ou les pensées résolument contre-natures qui sont  dévoilées au fil des plongées dans le subconscient de l&#8217;un ou l&#8217;autre demi-frère. Lancées sur des chemins divers et variés, elles déroutent le lecteur. Elles transforment le texte en particules. Elles apparaissent alors qu&#8217;on ne les attend pas, si bien qu&#8217;elles hachent l&#8217;acte de lecture. Toute routine textuelle s&#8217;en trouve mise à mal, anéantie. Pourtant beaucoup de lecteurs prendront le parti de ne pas emprunter ces voies d&#8217;anarchie littéraire. Tel un choix herculéen qui se présenterait à eux, ils préféreront prendre le chemin le plus facile : la focalisation sur la trame même en faisant abstraction de toutes ces digressions, quitte à placer des ponts au-dessus de rivières de dizaines de pages pour atteindre la péripétie suivante. Pourquoi ? Car les réflexions de Houellebecq sont tellement poussées qu&#8217;elles semblent tout droit sorties des livres scientifiques les plus spécialisés. À moins de s&#8217;accompagner de Wikipédia, rares sont ceux qui essaieront de comprendre les méandres du jargon biologico-moléculaire utilisé. D&#8217;autant qu&#8217;au final, tout cet étalage de science s&#8217;avère très dispensable.</p>
<p>Particules de textes mais également particules de style. Dans ce roman, l&#8217;écrivain adopte une manière d&#8217;écrire à trois facettes : scientifique pour ses pensées, lourde et pesante lorsqu&#8217;il décrit la vie de Michel comme pour renforcer un peu plus les sentiments de solitude et de vacuité qui caractérisent son existence, drôle, burlesque voire enfantine pour narrer les péripéties de Bruno, à l&#8217;image du personnage en somme.</p>
<p>Autre contraste saisissant, le vocabulaire utilisé pour raconter les aventures des deux demi-frères qui tranche nettement avec la scientificité des passages théoriques. Amis puritains, passez votre chemin ! Le thème du sexe, omniprésent dans le roman, est ici illustré avec tous les mots les plus réalistes et surtout les plus vulgaires de son champ lexical : on assiste ainsi à une prolifération textuelle de pénis en rut, de vulves atteintes par l&#8217;âge, de réflexions sur les différentes manières de faire une bonne fellation, de pénétrations et d&#8217;éjaculations diverses et variées.</p>
<p><em>Les particules élémentaires </em>se révèle être au final plus le manifeste d&#8217;une esthétique houellebecquienne de la littérature que le récit d&#8217;une histoire. Dandy ouvertement choquant, l&#8217;auteur tente de faire exister au sein d&#8217;un même ouvrage science et littérature à l&#8217;état pur en cassant au passage tous les codes préétablis requis pour susciter l&#8217;acte de lecture : la pluralité du style, la dualité de la teneur des propos, les continuels soubresauts de la plaque tellurique du récit sont là pour nous rappeler que &#8212; sans aucune volonté d&#8217;apothéose &#8212; on ne lit pas un roman de Houellebecq comme on se plonge dans un Balzac ou un best-seller. Qu&#8217;on aime ou déteste le personnage, qu&#8217;on adhère ou qu&#8217;on considère sa rencontre comme une faute de goût, la première approche du personnage à travers ses écrits reste une expérience qui ne laisse pas indifférent.</p>
<p>Le problème, c&#8217;est qu&#8217;à force d&#8217;être envoyé dans tous les sens pendant 313 pages, le lecteur se demande ce qu&#8217;il doit retenir de cette expérience. Quelques réparties par ci, par là ? Un émerveillement face aux idées exposées ? La crudité obscène des termes employés ? Difficile de se faire une opinion précise tant les avis peuvent se révéler divergents. Désorienté, il pourra qualifier ce mélange de science exacte et de littérature d&#8217;étrange. C&#8217;est le parti que nous prenons.</p>
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		<title>Levin Ira, Un bonheur insoutenable</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Aug 2009 02:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Audrey Roig</dc:creator>
				<category><![CDATA[Un peu de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[XXe]]></category>

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		<description><![CDATA[Un bonheur insoutenable* d&#8217;Ira Levin fut publié en 1969 mais l’action se déroule dans le futur après l’année 2000. Alors, imaginez un monde inimaginable, où celui qui contrôle tout et tout le monde se trouve être un ordinateur géant du nom de UniOrd ou Uni. Les êtres humains existent, certes, mais ceux qui sont autorisés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Un bonheur insoutenable</em>* d&#8217;Ira Levin fut publié en 1969 mais l’action se déroule dans le futur après l’année 2000.</p>
<p>Alors, imaginez un monde inimaginable, où celui qui contrôle tout et tout le monde se trouve être un ordinateur géant du nom de UniOrd ou Uni. Les êtres humains existent, certes, mais ceux qui sont autorisés à naître sont programmés comme des machines. Chaque mois, ils reçoivent un traitement qui les immunise contre les maladies mais aussi contre la curiosité, la révolte ou l’initiative. Quoi qu’ils fassent, les gens sont contrôlés à l’aide de lecteurs, et de leurs conseillers. Ils font l’amour une fois par semaine (quelle horreur !) et meurent à soixante-deux ans (sinistre…). Uni choisit où, quand et avec qui les gens se marient, s’ils auront des enfants, et quel sera leur métier (consternation totale). Seul bon point : la pluie n’existe pas !</p>
<p><div class="wp-caption alignright" style="width: 217px"><img title="Un bonheur insoutenable, I. Levin" src="http://www.communelangue.com/images/bonheur_insoutenable.jpg" alt="Un bonheur insoutenable, I. Levin" width="207" height="243" /><p class="wp-caption-text">Un bonheur insoutenable, I. Levin</p></div></p>
<p>C’est dans ce monde parfaitement équilibré que naît Li RM35M4419, surnommé Copeau par son excentrique grand-père maternel, Papa Jan (Ah oui parce qu’il ne faut pas croire qu’on pouvait choisir son prénom ; les garçons s’appelaient invariablement Bob, Jésus, Karl ou Li, et les filles : Anna, Paix, Mary ou Yin, et à ces noms stéréotypés s’ajoutaient des sortes de numéros de matricule).  Pourtant, c’est précisément cet homme étrange qui va éveiller Copeau à la vie. Pour ses dix ans, Copeau alla visiter UniOrd à EUR00001 avec sa sœur et ses parents. Son grand-père leur fit la surprise de les rejoindre. Au lieu de laisser Copeau regarder les charmantes masses métalliques de diverses couleurs qui devaient représenter Uni, Papa Jan l’emmena quelques étages plus bas voir le véritable UniOrd. Il le savait car il avait aidé à construire Uni et il le regrettait amèrement. Il demanda à son petit-fils :</p>
<blockquote><p>Essaie de vouloir quelque chose, Copeau.</p></blockquote>
<p>Ainsi, Copeau devint ce que la Famille (donc l’Humanité) attendait de lui, mais il n’oublia jamais la recommandation de son grand-père. Elle lui permit des années plus tard, de se faire repérer par un petit groupe de membres malades, ou plutôt trop conscients des réalités de leur vie. Son traitement diminua et il tomba même amoureux de la belle Lilas, une femme de son groupe. Malheureusement, la nuit où il réussit à trouver des îles d’incurables (les gens libres), et qu’il fit le projet d’y aller, il fut découvert et traité par son conseiller, qui refusa de l’écouter malgré ses protestations :</p>
<blockquote><p>Bob, nous ne sommes pas libres. Ni toi ni moi. Aucun membre de la Famille n’est libre.</p></blockquote>
<p>Ses traitements lui firent tout oublier. Il ne revint à lui que six ans plus tard. Sans perdre trop de temps, il partit chercher Lilas et ils s’enfuirent sur Mayorca, rebaptisée Liberté. Là-bas, ils découvrirent le vrai visage des hommes non-traités ; la cruauté, la misère et les brimades. Incapable d’en supporter davantage, Copeau décida de partir avec un groupe d’hommes détruire Uni et libérer l’humanité de son emprise :</p>
<blockquote><p>Il ne faut pas s’adapter. Il faut refuser, il faut lutter. Lutter, lutter, lutter.</p></blockquote>
<p>Mais au bout de son voyage, Copeau rencontrera encore bien des surprises…</p>
<p>Copeau vivait dans un monde où tout est fait pour être heureux. Où chaque membre, homme et femme, est pris en charge de sa naissance à sa mort. Uni pourvoit à tout, répond à toutes les questions. Pourtant, les révoltés existent. Copeau s’engage dans une lutte désespérée contre ce monde trop parfait. Tous les membres se ressemblent et sont heureux mais ce bonheur est devenu insoutenable parce qu&#8217;imposé.</p>
<p>Dans cette dystopie qui rappelle un peu <em>1984 </em>de George Orwell, il est question de totalitarisme, bien sûr, mais surtout de liberté individuelle. Que fait l&#8217;être humain quand il est libre d&#8217;organiser la société à sa guise ? Il spolie et exploite. Quand Copeau aura le choix de passer de manipulé à manipulateur, il préfèrera réagir en faisant sauter le système oppresseur, parce qu&#8217;il est un héros de roman. Mais existe-t-il des hommes qui refuseraient le pouvoir pour le bien de l&#8217;humanité ? Copeau incarne l&#8217;idéal dans une société assistée à l&#8217;excès.</p>
<p style="text-align: right;">Florence Pini, 2006.</p>
<p><span id="more-2981"></span>* Je souligne au passage que le titre est une traduction plutôt libre de l’anglais <em>This perfect day</em>.</p>
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		<title>Merle Robert, Malevil</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jul 2009 06:00:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Audrey Roig</dc:creator>
				<category><![CDATA[Un peu de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[XIXe]]></category>

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		<description><![CDATA[Malevil est un gros et beau roman de six cent trente-cinq pages. C’est long, mais le détour en vaut la peine. L’histoire se situe dans le sud-ouest de la France, peu avant Pâques 1977. Emmanuel Comte, figure emblématique de ce livre, a racheté et restauré le château médiéval de Malevil. Posséder un château fort ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em> </em></p>
<p><em>Malevil</em> est un gros et beau roman de six cent trente-cinq pages. C’est long, mais le détour en vaut la peine.</p>
<p><div class="wp-caption alignright" style="width: 229px"><img title="Illustration figurant sur la première de couverture du roman paru chez Folio" src="http://www.communelangue.com/images/Malevil_livre.jpg" alt="Illustration figurant sur la première de couverture du roman paru chez Folio" width="219" height="262" /><p class="wp-caption-text">Illustration figurant sur la première de couverture du roman paru chez Folio</p></div></p>
<p>L’histoire se situe dans le sud-ouest de la France, peu avant Pâques 1977. Emmanuel Comte, figure emblématique de ce livre, a racheté et restauré le château médiéval de Malevil. Posséder un château fort ne sert absolument à rien dans les années 70 et pourtant, c’est grâce à lui qu’Emmanuel et six de ses amis (Thomas, Meyssonnier, Peyssou, Colin, la Menou et Momo) vont survivre à l’explosion d’une bombe atomique qui dévaste la planète et en efface la majorité des êtres vivants. Cette petite communauté d’amis va devoir tout réapprendre et subsister dans le château où elle retrouve les instincts ancestraux de l’humanité : les rares ressources épargnées sont mises en commun et de nouvelles règles sont édictées. Ils craignent d’être les seuls survivants de ce cataclysme, mais le jour où Peyssou est assommé et qu’un cheval leur est volé, ils se rendent compte qu’ils vont devoir faire face à d’autres difficultés… Ils découvrent non loin d’eux une mémé Falvine, un jeune homme Jacquet, et une jeune fille Miette. Emmanuel propose qu’ils se partagent Miette mais les autres voient cette polygamie d’un mauvais œil. Emmanuel se justifie adroitement :</p>
<blockquote><p>Ce n’est pas une question de morale, mais d’adaptation aux circonstances.</p></blockquote>
<p><div class="wp-caption alignleft" style="width: 226px"><img title="Extrait de ladaptation cinématographique du roman" src="http://www.communelangue.com/images/Malevil_extrait.jpg" alt="Extrait de ladaptation cinématographique du roman" width="216" height="144" /><p class="wp-caption-text">Extrait de l&#39;adaptation cinématographique du roman</p></div></p>
<p>Et hop dès le lendemain le système est adopté ! Les amis s’acharnent à ne pas sombrer dans le désespoir, même quand Momo est tué par une bande de pillards affamés, ou encore lorsqu’ils se rendent compte que des imposteurs tentent de s’imposer dans leur région… Ils découvrent qu’une communauté située à quelques kilomètres d’eux a survécu : La Roque ;  mais la communication entre les deux communautés est loin d’être amicale. Pour empêcher le faux prêtre Fulbert de s’imposer à Malevil, Emmanuel est élu abbé de Malevil.</p>
<p>Encore une fois, lorsque tout est détruit et que les survivants doivent organiser une nouvelle société, il existe toujours des êtres tyranniques qui profitent de la faiblesse d’autrui pour s’imposer en dictateur. Là aussi, parce qu’Emmanuel est ému par la misère des La Roquais, il va tenter d’anéantir Fulbert et ses sbires, ainsi qu’une autre bande armée, commandée par le faux capitaine Vilmain. Emmanuel explique lui-même sa conception de la survie avant ce combat :</p>
<blockquote><p>Si l’espèce humaine doit continuer, elle le devra à des noyaux de gens comme nous qui essayent de réorganiser un embryon de société. Les individus comme Vilmain et Bébelle sont des parasites et des bêtes de proie. Ils doivent être éliminés.</p></blockquote>
<p>Robert Merle (1908 – 2004) est un écrivain français né en Algérie. Il est très connu pour sa saga historique <em>Fortune de France </em>ou la biographie romancée de Rudolf Höss, <a title="Lien vers : La mort est mon métier, Robert Merle" href="http://www.communelangue.com/2008/07/05/la-mort-est-mon-metier-robert-merle/"><em>La mort est mon métier</em></a>. <em>Malevil </em>est un formidable roman de science-fiction, qui nous fait frémir à la pensée que la fiction n’est peut-être pas si loin de la réalité et que l’histoire est tout à fait possible ! Le style de Merle est direct et l’histoire se présente sous la forme d’un journal intime rédigé par Emmanuel Comte :</p>
<blockquote><p>Ces premières semaines après l’évènement me laissent une impression de grisaille &#8212; à l’extérieur comme dans nos vies &#8212; de douleur sourde, de piétinement, d’horizon bouché, d’efforts ingrats.</p></blockquote>
<p>Ce journal est plus tard corrigé par Thomas, qui rajoute des notes pour éclaircir certains faits, et achève le récit après la mort d’Emmanuel.</p>
<p>L’auteur de <em>Malevil</em> nous donne une formidable leçon de vie sur la dignité humaine et nous montre jusqu’à quel point les hommes sont capables d’aller pour survivre.</p>
<p><div class="wp-caption alignright" style="width: 228px"><img title="Adaptation cinématograhique du roman" src="http://www.communelangue.com/images/Malevil_film.jpg" alt="Adaptation cinématograhique du roman" width="218" height="274" /><p class="wp-caption-text">Adaptation cinématograhique du roman</p></div></p>
<p>Écrit en 1972, ce roman a reçu le prix John Wood Campbell Memorial en 1974, ce qui signifie sans doute que je ne suis pas la seule à éprouver du plaisir en le lisant ! Il a fait également l’objet en 1981 d’une adaptation cinématographique de Christian de Chalonge avec Michel Serrault, Jacques Dutronc, Jacques Villeret et Jean-Louis Trintignant. Mais le traitement &laquo;&nbsp;scénaristique&nbsp;&raquo; s’écarte du livre et s’achève par une fin différente. Robert Merle a demandé à ce que son nom ne figure pas au générique, où paraît la seule mention : &laquo;&nbsp;d’après un roman publié aux éditions Gallimard&nbsp;&raquo;.</p>
<p>J’achèverai en disant que ce roman donne presque envie qu’une catastrophe se produise &#8212; bien sûr, je ne le souhaite pas, j’espère que vous comprendrez ce que je veux dire, ce serait beaucoup plus tragique dans la réalité ! &#8211;, tant on se sent proche des personnages et du récit de leurs aventures.</p>
<p style="text-align: right;">Florence Pini, 2006.</p>
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		<title>Austen Jane, Orgueil et préjugés</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Jul 2009 07:00:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Audrey Roig</dc:creator>
				<category><![CDATA[Un peu de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature anglaise]]></category>
		<category><![CDATA[XIXe]]></category>
		<category><![CDATA[XVIIIe]]></category>

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		<description><![CDATA[Je rends hommage, par la présente, à ma période romantique et un peu fleur-bleue, en conseillant le très beau et très vieux roman de Jane Austen (1775 – 1817) : Orgueil et Préjugés. Vieux ? Oui ! Écrit entre 1796 et 1797, il ne trouva aucun éditeur avant 1813 et passa presque inaperçu lors de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je rends hommage, par la présente, à ma période romantique et un peu fleur-bleue, en conseillant le très beau et très vieux roman de Jane Austen (1775 – 1817) : <em>Orgueil et Préjugés</em>. Vieux ? Oui ! Écrit entre 1796 et 1797, il ne trouva aucun éditeur avant 1813 et passa presque inaperçu lors de sa publication. Mais heureusement, vingt ans plus tard les gens eurent enfin du goût et il prit place parmi les classiques incontestés de la littérature anglaise.</p>
<p><div class="wp-caption alignright" style="width: 165px"><img title="Affiche du film Orgueil et préjugés" src="http://www.communelangue.com/images/orgueil_film.jpg" alt="Affiche du film Orgueil et préjugés" width="155" height="210" /><p class="wp-caption-text">Affiche du film Orgueil et préjugés</p></div></p>
<p>Si le titre vous dit quelque chose, c’est peut-être parce que vous avez vu la dernière version cinématographique de 2006 réalisée par Joe Wright avec Keira Knightley et Matthew MacFadyen dans les rôles principaux, donc ceux des deux amoureux. Le film, certes, respecte bien le livre mais ce dernier est plus vivant, et surtout nous pouvons donner à nos héros les visages que nous voulons. Alors, que raconte cette histoire ?</p>
<p>La première phrase du roman est restée célèbre :</p>
<blockquote><p>C&#8217;est une vérité universellement reconnue qu&#8217;un célibataire pourvu d&#8217;une belle fortune doit avoir envie de se marier, et si peu que l’on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu’il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l’esprit de ses voisins qu’ils le considèrent sur le champ comme la propriété légitime de l’une ou l’autre de leurs filles.</p></blockquote>
<p><div class="wp-caption alignleft" style="width: 219px"><img title="Illustration de la première de couverture du roman publié chez Folio Classique" src="http://www.communelangue.com/images/orgueil.jpg" alt="Illustration de la couverture du roman publié chez Folio Classique" width="209" height="233" /><p class="wp-caption-text">Illustration de la première de couverture du roman publié chez Folio Classique</p></div></p>
<p>L’histoire est fort simple en vérité : dans la campagne anglaise du Hertfordshire, Mr. et surtout Mrs. Bennet veulent marier leurs cinq filles, et espèrent que l’une d’elles plaira à leur nouveau voisin, Mr. Bingley. Bingo, l’aînée et la plus aimable, Jane Bennet, lui fait les yeux doux et le sentiment semble partagé!  Ce monsieur a un bon ami qui a lui aussi déménagé dans ce petit coin bourgeois : l’orgueilleux Mr. Darcy, qui voit d’un mauvais œil cette liaison naissante. Elisabeth Bennet suit attentivement les sentiments de sa sœur préférée. A ce moment survient l’officier Wickham, qui lui tourne autour et ne la laisse pas indifférente. Un autre personnage plutôt pittoresque, Mr. Collins, qui héritera de tous les biens de Mr. Bennet puisque celui-ci n’a que des filles, passe de Jane à Elizabeth puis à… enfin je vous laisse le soin de continuer la liste. Héroïne du roman, Elizabeth, elle-même un peu orgueilleuse et sûre d’elle, conçoit rapidement des préjugés envers Mr. Darcy. Quoique sa famille se conduise mal en société, elle ne peut s’empêcher de la défendre des critiques et du mépris de Darcy. Elle-même est visée lors de la soirée de leur première rencontre ; Darcy avait déclaré à son ami :</p>
<blockquote><p>Elle est acceptable, mais pas assez belle pour mon goût.</p></blockquote>
<p>C’est pourquoi elle expliqua le lendemain :</p>
<blockquote><p>[…] je pourrais facilement lui pardonner son orgueil s’il n’avait mortifié le mien.</p></blockquote>
<p>Darcy est pourtant secrètement amoureux d’Elizabeth et même si tout les oppose, son amour est assez fort pour arranger les choses entre Jane et Bingley, aider Elizabeth à retrouver sa jeune sœur Lydia qui s’est enfuie avec Wickham, ou pour oser la demander une deuxième fois en mariage. Sa première demande fut mal faite et repoussée avec froideur.</p>
<p><div class="wp-caption alignright" style="width: 248px"><img title="Photo extraite du film" src="http://www.communelangue.com/images/orgueil_film_livre.jpg" alt="Photo extraite du film" width="238" height="192" /><p class="wp-caption-text">Photo extraite du film</p></div></p>
<p>Comme dans toute belle histoire d’amour qui se respecte, les débuts sont difficiles. Bien que nous suivions les évènements du point de vue de l’héroïne, nous voyons vite naître l’amour de Darcy. Tous deux sont orgueilleux et Elizabeth est pleine de préjugés envers les gens qui lui semblent déplaisant, mais leurs sentiments vont pourtant bien évoluer.</p>
<p>Elizabeth ne se mariera pas pour les conventions, elle résistera aux tyrannies subtiles du paraître. Elle deviendra forte dans les épreuves.</p>
<p>Elizabeth, qui n’est pas riche, finira-t-elle par reconnaître son amour pour le riche et orgueilleux Mr. Darcy ? Viendra-t-elle à bout de l’orgueil qui sévit dans cette bourgeoisie fascinée par l’argent, mais aussi des préjugés qui brouillent sa lucidité ?</p>
<p>L’orgueil de Darcy arrivera-t-il à se plier aux désirs et aux moqueries de la jeune femme ? Vont-ils, surtout, finir par se marier ?</p>
<p>J’aimerai vous le dire mais vous comprenez, où serait donc l’intérêt de lire ce merveilleux roman ? Cependant, je vais dans ma grande bonté vous donner un indice : l’histoire se finit bien ! Quoi ? Ce que je dis vous semble prévisible ? Si c’est comme ça, je ne vous raconterai plus rien du tout ! Remarquez, je n’avais plus rien à ajouter.</p>
<p style="text-align: right;">Florence Pini, 2006.</p>
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